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Argentine: trois propositions de loi contre le harcèlement de rue

Dans les rues de Buenos Aires, les femmes sont particulièrement touchées par le harcèlement et les comportements sexistes. (Illustration)

Dans les rues de Buenos Aires, les femmes sont particulièrement touchées par le harcèlement et les comportements sexistes. (Illustration) - Hernan Pinera

Que ce soit dans la rue ou chez les victimes elles-mêmes comme en a témoigné une vidéo diffusée sur YouTube, le harcèlement subi par les femmes est un fléau en Argentine. Trois propositions de loi destinées à l'endiguer ont été présentées ces derniers jours, dont deux ayant pour champ d'application Buenos Aires, la capitale.

Les réflexes sexistes ont la vie dure en Amérique latine et particulièrement en Argentine. Trois propositions de loi présentées ces derniers jours dans ce pays prévoient de sanctionner le harcèlement de rue subi par les femmes, illustrant un début de prise de conscience dans la région, après que le Pérou a légiféré sur ce sujet en mars.

La première proposition de loi, d'ampleur nationale, prévoit des sanctions pénales pour les contrevenants: des travaux d'intérêt général ou une amende allant de 100 a 7.000 pesos argentins (10 à 700 euros). Elle suggère aussi de mettre en place des campagnes de sensibilisation.

Buenos Aires dans le collimateur du législateur

Les deux autres propositions de loi concernent la ville de Buenos Aires. "Nous pensons qu'il est du devoir de l'Etat de contribuer à la sensibilisation sur une pratique qui génère de la peur et un sentiment d'humiliation chez ses victimes", a déclaré la députée de la ville de Buenos Aires Gabriela Alegre (Frente para la Victoria, parti au pouvoir), à l'origine d'une de ces deux propositions.

Ce texte à encourager la police municipale à ne pas sous-estimer les plaintes déposées pour harcèlement sexuel et à lutter contre la banalisation du harcèlement de rue, par des campagnes de sensibilisation publique ou des actions dans le milieu éducatif.

Dans la capitale, le député Pablo Ferreyra (Seamos Libres, gauche) a lui aussi soumis une proposition pour empêcher et sanctionner ces comportements, qu'il énumère : les regards libidineux, les sifflements, les coups de klaxon, les gestes obscènes, les commentaires sexuels, les photographies de parties intimes non consenties ou les contacts physiques non consentis.

Une jeune femme témoigne de son harcèlement sur Youtube

Ces propositions de loi sont présentées quelques jours après la publication d'une vidéo sur YouTube d'une jeune femme argentine, Aixa Rizzo, dans laquelle l'étudiante raconte le harcèlement qu'elle a subi de la part d'ouvriers qui travaillaient près de chez elle.

Elles font écho à un rapport rendu en France le 16 avril par le Haut conseil à l'égalité entre hommes et femmes, qui relève que 100% des femmes fréquentant les transports en commun déclarent avoir déjà été victimes de harcèlement sexuel. Ailleurs en Amérique latine, le Pérou a voté en mars une loi prévoyant des peines allant jusqu'à 12 ans de prison en cas de harcèlement sexuel dans la rue.

D. N. avec AFP