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Alerte aux "vols de nuages" en Iran, les services météo démentent

Une tour à Téhéran le 19 décembre 2015

Une tour à Téhéran le 19 décembre 2015 - ATTA KENARE, AFP/Archives

Un général iranien a accusé lundi Israël de trafiquer les nuages pour empêcher la pluie de tomber en Iran. Un "vol de nuages" en territoire iranien démenti par la météorologie nationale.

L'Iran fait face à une grave sécheresse et, selon le général Gholam Reza Jalali, ce "changement climatique est suspect". Lors d'un colloque national sur la protection des populations, l'officier a accusé Israël d'en être à l'origine. Selon lui, ses propos peuvent être prouvés scientifiquement:

"L'ingérence étrangère est soupçonnée d'avoir joué sur le changement climatique. Des centres scientifiques du pays ont mené une étude sur ce sujet et leur résultat confirme l'hypothèse".

Selon ses propos rapportés par Isna, une agence d'information iranienne tenue en majorité par des étudiants, "Israël et un autre pays de la région ont des équipes conjointes qui travaillent à faire en sorte que les nuages qui entrent dans le ciel iranien soient incapables de déverser la pluie".

"En plus de cela, nous faisons face à un phénomène de vols de nuages et de neige", a ajouté le général Jalali. Selon Isna, l'officier se base sur une étude quadriennale (faite tous les quatre ans, NDLR), ayant montré qu'au-dessus de 2200 mètres d'altitude, toutes les zones de montagnes entre l'Afghanistan et la Méditerranée sont couvertes de neige, sauf l'Iran.

Des accusations qui font réagir les scientifiques

Ahad Vazife, directeur de la météorologie nationale, a réagi aux propos du militaire, expliquant: "(Il) a probablement des documents sur ce sujet dont je n'ai pas connaissance, mais sur la base des connaissances météorologiques, il n'est pas possible qu'un pays 'vole' la neige ou des nuages".

Le scientifique estime que de telles accusations ne rétabliront pas les problèmes de sécheresse dont souffre l'Iran. Pour lui, "il s'agit d'une tendance mondiale qui ne s'applique pas qu'à l'Iran". Et "soulever de telles questions non seulement ne résout aucun de nos problèmes, mais nous détournera des moyens de trouver les bonnes solutions".

N.Ga., avec AFP