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Un bouclier humain dans le camp militaire de Kadhafi à Tripoli

Des milliers de Libyens ont pénétré samedi dans le camp militaire de Mouammar Kadhafi à Tripoli, formant un bouclier humain contre d'éventuelles frappes de la coalition occidentale. Des Libyens de tous les milieux se sont dirigés vers Bab al Azizia, la ba

Des milliers de Libyens ont pénétré samedi dans le camp militaire de Mouammar Kadhafi à Tripoli, formant un bouclier humain contre d'éventuelles frappes de la coalition occidentale. Des Libyens de tous les milieux se sont dirigés vers Bab al Azizia, la ba - -

Des milliers de Libyens ont pénétré samedi dans le camp militaire de Mouammar Kadhafi à Tripoli, formant un bouclier humain contre les frappes de la coalition occidentale.

Peu après les premières frappes aériennes de la coalition, des feux d'artifices ont éclairé la nuit libyenne et des gens tiraient en l'air à partir de cette enceinte fortifiée.
Des Libyens de tous les milieux se sont dirigés vers Bab al Azizia, la base de Kadhafi située dans la banlieue sud de Tripoli, brandissant des portraits du colonel et criant des slogans à sa gloire. Des hauts parleurs diffusaient des chansons en l'honneur du "Guide" de la révolution libyenne.
L'énorme complexe de Bab al Azizia, qui abrite des baraquements militaires, a été visé par les bombardements américains en 1986. Derrière de hauts murs d'enceinte de couleur verte, des gens dansent sur une mélodie qui reprend une phrase d'un récent discours de Kadhafi, "maison par maison, rue par rue". Les hommes en arme sont partout. L'un est assis à l'arrière d'un pick-up équipé d'une défense antiaérienne et observe la foule.

« Prêts à mourir pour notre chef »

Le monument érigé dans le complexe après l'attaque américaine, une main écrasant un avion F-16, se dresse devant une maison délabrée par les frappes d'il y 25 ans. Des hommes en gardent l'entrée, fusils AK-47 en mains, d'autres sont perchés dans des tours de surveillance.
Une fille de Kadhafi, Aïcha, a effectué une visite surprise, juchée sur un véhicule. Elle a été acclamée par les partisans du Guide. Les portes de l'enceinte, coeur de l'appareil sécuritaire de Kadhafi, étaient grandes ouvertes et des Libyens ont continué d'y pénétrer jusque dans la soirée. "Nous sommes là. Nous sommes prêts à mourir pour notre chef", dit Om Abdel Qadir, une professeur d'arabe. Ses six enfants se sont tous engagés dans la lutte pour le maintien au pouvoir de Kadhafi, affirme-t-elle. "Même si nous n'avons pas d'armes, les gens vont faire tout ce qu'ils peuvent pour se battre. Dans toutes les rues, vous verrez des gens jeter de l'huile bouillante sur l'ennemi", dit-elle.
Mahmoud el Mansouri, un agriculteur, affirme que le peuple est en colère. "Il y a 5.000 membres d'une tribu qui s'apprêtent à venir ici pour combattre avec notre chef. Ils n'ont pas intérêt à attaquer notre pays", dit-il. "Nous ouvrirons les déserts de la Libye et laisserons les Africains envahir l'Europe pour se faire exploser (...) Nous sommes prêts à attaquer les ambassades à l'étranger", poursuit cet homme.