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Tunisie: la liste des membres du nouveau gouvernement dévoilée

Ali Larayedh annonce sa proposition de gouvernement le 8 mars 2013

Ali Larayedh annonce sa proposition de gouvernement le 8 mars 2013 - -

Le cabinet d'Ali Larayedh devrait rester au pouvoir jusqu'à l'organisation d'élections, fin 2013.

L'islamiste Ali Larayedh a annoncé vendredi la composition du nouveau gouvernement tunisien, constitué de représentants des partis de l'alliance sortante, élargie à des indépendants.

Il a promis que cette équipe quitterait ses fonctions fin 2013, après des élections. "J'ai présenté au président (Moncef Marzouki) le dossier comprenant la composition du nouveau gouvernement et un résumé du programme du gouvernement", a déclaré à la télévision le ministre de l'Intérieur sortant, appelé à devenir Premier ministre, avant d'annoncer les noms des membres du cabinet.

"Nous prévoyons que la composition du gouvernement obtiendra la confiance des députés", a-t-il ajouté.

28% des membres du gouvernement issus d'Ennahda

Le parti islamiste Ennahda et ses deux alliés laïcs, le Congrès pour la république de Moncef Marzouki et Ettakatol, contrôlent en effet plus la majorité des 217 sièges de l'Assemblée nationale constituante (ANC). Une séance extraordinaire de l'ANC doit être convoquée dans les trois jours pour soumettre le gouvernement au vote.

Ali Larayedh a en outre assuré que son cabinet allait travailler "au maximum jusqu'à la fin de l'année 2013", laissant entendre que la Constitution aurait été adoptée d'ici là et que des élections législatives et présidentielle pourraient se tenir avant le 3e anniversaire de la révolution en janvier 2014.

Sur son compte Twitter, Ennahda a souligné que ses membres ne représentaient plus que 28% du nouveau cabinet, contre 40% dans le précédent. Les indépendants comptent désormais 48% des portefeuilles.

De nombreux ministres restent au gouvernement

Sans surprise, les ministères régaliens ont été confiés à des personnalités indépendantes, le parti islamiste ayant annoncé fin février céder à cette revendication de longue date de ses partenaires et de l'opposition.

Le ministère de l'Intérieur est confié à un procureur, Lotfi Ben Jeddou, celui des Affaires étrangères à un vétéran de la diplomatie tunisienne, Othman Jarandi, la Défense et la Justice reviennent à Rachid Sabagh et Nadhir Ben Ammou. Quatre hommes peu connus du grand public.

Si le gouvernement a été élargi à des personnalités apolitique, Ali Larayedh a échoué à y intégrer d'autre partis que ceux de l'alliance sortante. Et une grande partie des ministres du gouvernement démissionnaire conservent leurs postes, tandis que d'autres obtiennent de nouveaux portefeuilles.

Sortir le pays de l'impasse

Ce nouveau cabinet aura la lourde tâche de sortir le pays de l'impasse politique. L'ANC doit adopter une Constitution et ouvrir la voie à de nouvelles élections.

Le pays est aussi déstabilisé par des conflits sociaux, le chômage et la misère, facteurs clé de la révolution de 2011, continuant de faire des ravages. De plus, la Tunisie peine à juguler l'émergence de groupes islamistes radicaux violents, dont l'un a, selon les autorités, orchestré le meurtre de l'opposant anti-islamiste Chokri Belaïd le 6 février, un assassinat qui a provoqué la chute du gouvernement précédent.

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A.D. avec AFP