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Soudan: la chrétienne condamnée à mort pour apostasie est libre

La cathédrale Saint-Matthieu, à Khartoum, au Soudan.

La cathédrale Saint-Matthieu, à Khartoum, au Soudan. - -

Une Soudanaise chrétienne condamnée à mort pour apostasie et qui a accouché en prison, a été libérée lundi, a annoncé l'un de ses avocats.

La Soudanaise chrétienne accusée d'apostasie a été libérée a indiqué son avocat lundi. Née d'un père musulman, Meriam Yahia Ibrahim Ishag avait été condamnée le 15 mai à la peine de mort par pendaison en vertu de la loi islamique en vigueur au Soudan depuis 1983 et qui interdit les conversions.

Meriam Yahia Ibrahim Ishag "a été libérée il y a à peine une heure", a déclaré maître Mohannad Moustafa. "Elle est désormais hors de prison". Selon lui, les autorités expliqueront mardi les raisons de cette libération.

100 coups de fouet pour s'être unie un chrétien

Mariée à un chrétien et déjà mère d'un garçon de 20 mois, qui avait été emprisonné avec elle, la jeune femme a également été condamnée à 100 coups de fouet pour "adultère", car selon l'interprétation soudanaise de la charia, toute union entre une musulmane et un non-musulman est considérée comme un "adultère".

Enceinte au moment de sa condamnation, elle accouché d'une petite fille en prison douze jours après le verdict. Elle avait ensuite quitté la cellule qu'elle partageait avec d'autres femmes et a été transférée à la clinique de la prison.

Mohannad Moustafa et quatre autres avocats spécialisés dans les droits de l'Homme s'étaient chargés de la défense de la jeune femme gratuitement. Ils avaient fait appel de la condamnation qui était examiné par un comité de trois juges depuis début juin.

Des leaders politiques et religieux européens avaient appelé à révoquer le "verdict inhumain" prononcé contre la jeune femme. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a lui pressé Khartoum et la justice soudanaise de "respecter le droit fondamental de Mme Ishag à la liberté et à exercer sa religion".

D. N. avec AFP