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Qui est le jihadiste français arrêté au Nord-Mali?

Gilles le Guen, dans une vidéo postée en octobre dernier sur YouTube.

Gilles le Guen, dans une vidéo postée en octobre dernier sur YouTube. - -

Le jihadiste français Gilles Le Guen qui vient d'être arrêté au Mali présente un parcours mystérieux. Portrait d'un converti qui n'est peut-être pas un combattant.

Le Français Gilles Le Guen, arrêté il y a quelques jours au Mali par les forces françaises, semble avoir été entraîné malgré lui sur les sentiers du jihad. Mais l'engagement réel de cet aventurier quinquagénaire breton est loin d'être avéré.

Les convictions islamistes de ce converti de longue date, qui se fait appeler Abdel Jelil mais dont le vrai nom est Gilles le Guen, "ne font aucun doute, comme le montrent diverses vidéos et photos sur lesquelles il se met en scène lui-même", explique une source proche du dossier. Mais "son engagement jihadiste réel restera à établir lors de sa prochaine garde à vue en France. Pour l'instant, c'est uniquement du déclaratoire", ajoute la même source.

Des rumeurs ont circulé sur sa participation en février à la massive prise d'otages dans le site gazier d'In-Amenas, en Algérie. "Mais il n'y était pas, ni de près, ni de loin", affirme cette source, catégorique. S'est-il battu contre l'armée française? "Cela reste à établir. Pour le moment, il n'y a aucun élément concret pour l'attester".

Pris pour un espion par Aqmi

Titulaire d'un brevet de la marine marchande obtenu à la fin des années 80, l'homme a beaucoup voyagé avant de s'installer au Maroc puis en Mauritanie, et enfin au Mali il y a cinq ans avec sa deuxième épouse, une Marocaine. "Le fait qu'il soit dans ce coin là, dans ce bain là, a pu concourir à une radicalisation", selon la source proche du dossier.

Capturé au nord de Tombouctou, cet islamiste était apparu à visage découvert sur une vidéo dans laquelle il mettait en garde la France contre une intervention au Mali, alors en préparation pour en chasser les groupes islamistes armés qui contrôlaient le nord du pays. Il y était vêtu d'une tunique beige, d'un turban noir, devant un fond noir portant le sigle d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, un fusil-mitrailleur posé à ses côtés. S'exprimant en français avec un fort accent breton, il tenait des propos anti-occidentaux et anti-israéliens.

En novembre 2012 à Tombouctou, Gilles Le Guen avait été fait prisonnier durant quelques jours par les responsables d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, qui, selon des témoins, le soupçonnaient d'être un espion. Il avait été repéré en septembre 2012 dans les rangs d'Aqmi sur un cliché récupéré par les services secrets français.

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A. G. avec AFP