BFMTV

Abou Zeid, l'un des chefs les plus radicaux d'Aqmi

Abdelhamid Abou Zeid, un des chefs d'Aqmi

Abdelhamid Abou Zeid, un des chefs d'Aqmi - -

PORTRAIT - Selon le président tchadien, l'un des chefs d'al-Quaïda au Maghreb islamique a été tué par ses soldats, a-t-il annoncé vendredi. Qui est ce chef islamiste aux méthodes radicales?

Avec la mort de l'Algérien Abdelhamid Abou Zeid, non confirmée officiellement mais jugée "très crédible" par Washington, al-Quaïda au Maghreb islamique perdrait l'un de ses chefs les plus radicaux qui était parvenu à étendre son terrain d'action à tout le Sahara.

Engagé à 24 ans

Né il y a 46 ans dans l'oasis de Tougourt, à 600 km au sud d'Alger, Abou Zeid devient membre à 24 ans du comité local du Front Islamique du Salut (FIS). Il bascule ensuite dans la lutte armée fin 1991 lorsque l'armée algérienne a empêché ce mouvement islamiste de s'emparer du pouvoir après avoir remporté les premières législatives pluralistes du pays.

"Selon sa famille", explique le journaliste algérien Mohamed Mokeddem, qui dirige le journal Ennahar, "il a pris le maquis juste après l'attaque de la caserne de Guemmar (en novembre 1991, ndlr). Il était accompagné de son frère Béchir, qui a été abattu par l'armée algérienne en 1995. Jusqu'à la fin des année 90, il opère dans le maquis de Batna".

Responsable de la prise d'otages de 32 touristes

C'est en 2003, lors du spectaculaire enlèvement de 32 touristes européens par ce qui était encore le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) dans le grand sud algérien, qu'Abou Zeid apparaît pour la première fois, en tant qu'adjoint du chef des ravisseurs, Abderazak le Para, détenu en Algérie.

Il commande la katiba (groupe de jihadistes) Tareq Ibn Ziyad, qui comprend quelque 200 hommes (essentiellement algériens, mauritaniens ou maliens) bien équipés et très mobiles, basés essentiellement dans le nord du Mali.

"Il a une connexion directe avec Al Qaïda Central, et notamment avec l'Egyptien Ayman Al Zawahiri, dont on connaît la virulence anti-française", selon le chercheur français Jean-Pierre Filiu.

Un homme violent et brutal

En juin 2009 le groupe d'Abou Zeid kidnappe le touriste anglais Edwin Dyer et, selon plusieurs témoins, c'est le chef en personne, persuadé que Londres se tiendrait à sa ligne consistant à ne pas négocier, qui aurait égorgé l'otage.

Peu après l'annonce de la mort d'Edwin Dyer, un responsable malien qui avait participé aux négociations avait confié: "Abou Zeid est un homme violent et brutal. Il est très dur en négociations. Il nous a reproché de travailler pour les blancs qui pour lui sont des impies".

Le travailleur humanitaire français Pierre Camatte, qui fut otage du groupe d'Abou Zeid pendant 89 jours à la fin 2009, l'a rencontré quatre fois. Il décrit un homme froid, "qui ne se mélangeait pas avec les autres ravisseurs, qui le consultaient régulièrement" mais qui n'a jamais usé de violence.

"Une main de fer"

Pour mener à bien les interrogatoires, Abou Zeid, qui maîtrise mal le français, a besoin d'un interprète, raconte l'ex-otage. "Il m'a toujours parlé sur un ton neutre, sans agressivité. Ses questions étaient presque techniques, il a voulu savoir pourquoi j'étais venu en Afrique, quel avait été mon parcours jusque là".

Pour Françoise Larribe, otage d'Aqmi pendant cinq mois fin 2010-début 2011 et s'exprimant sur la radio française RTL, Abou Zeid est "une personnalité très forte, qui tient sa katiba d'une main de fer".

A LIRE AUSSI:

>> Abou Zeid tué? Le gouvernement reste prudent

>> Abou Zeid, le "petit Ben Laden de la France"

M.G. avec AFP