BFMTV

Libérées de Boko Haram, elles racontent leur calvaire

La délivrance, enfin. Après plus de deux années aux mains de Boko Haram, elles ont retiré le voile qui leur était imposé et ont pu retrouver leurs familles. Alors, dimanche, pour les retrouvailles, c'était à la fois les larmes et la joie.

Elles n'ont même pas 20 ans. Et pourtant, elles ont déjà vécu le pire. Enlèvement, privations, mariages et conversions forcés... Les jeunes filles ont passé deux ans et demi privées de liberté. Leur calvaire a pris fin la semaine dernière et l'impatience de revenir parmi les siens était forcément grande.

14 avril 2014. Alors qu'elles se trouvaient dans leur établissement, 276 lycéennes de Chibok, toutes âgées de 12 à 17 ans, avaient été enlevées par les hommes de la secte islamiste. Très rapidement, 57 d'entre elles avaient réussi à s'enfuir. Les autres, non. Mais jeudi dernier, Boko Haram en a libéré 21 en échange, dit-on, de quatre combattants.

Pour fêter leur retour, une cérémonie religieuse s'est tenue en leur honneur. Danses, musiques et costumes colorés ont assuré le côté festif à l'événement. Mais les sourires cachaient mal les regards tristes, ceux qui renvoient au passé, aux souvenirs, à la douleur.

Gloria, s'est remémorée certains aspects de leur détention :

"Nous remercions Dieu de nous avoir réunis aujourd'hui. Un jour, j'étais dans la forêt quand un avion a lancé une bombe juste à côté de moi, mais je n'ai pas été blessée... A un moment aussi, nous n'avions plus de nourriture pendant plus d'un mois. Mais nous ne sommes pas mortes", a-t-elle raconté, amaigrie par les privations.

"83 autres jeunes filles seraient libérables"

Au-delà de la souffrance physique, il y a également eu la conversion forcée à l'Islam. Les lycéennes de Chibok, en majorité chrétiennes, n'ont donc pas "pu prier comme elles peuvent le faire aujourd'hui", a expliqué Gloria.

Cet enlèvement de masse avait provoqué une vague d'indignation internationale, notamment sur Twitter avec le hashtag #Brinbackourgirls ("Ramenez-nous nos filles"), relayé jusqu'à la Maison Blanche en la personne de Michelle Obama. 

D'autres lycéennes sont encore aux mains de Boko Haram, mais certaines pourraient prochainement être libérées. Garba Shehu le porte-parole de la présidence nigériane, a fait savoir que "83 autres jeunes filles seraient libérables sous négociation".

Marie-Caroline Meijer avec AFP