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Les raids aériens occidentaux se poursuivent en Libye

Avions ravitailleurs français sur la base d'Istres. Des avions de la coalition occidentale ont bombardé vendredi des unités blindées de Mouammar Kadhafi dans l'est de la Libye pour ouvrir la voie aux rebelles qui tentent de prendre le contrôle d'Ajdabiah,

Avions ravitailleurs français sur la base d'Istres. Des avions de la coalition occidentale ont bombardé vendredi des unités blindées de Mouammar Kadhafi dans l'est de la Libye pour ouvrir la voie aux rebelles qui tentent de prendre le contrôle d'Ajdabiah, - -

par Maria Golovnina et Michael Georgy TRIPOLI (Reuters) - Des avions de la coalition occidentale ont bombardé vendredi des unités blindées de...

par Maria Golovnina et Michael Georgy

TRIPOLI (Reuters) - Des avions de la coalition occidentale ont bombardé vendredi des unités blindées de Mouammar Kadhafi dans l'est de la Libye pour ouvrir la voie aux rebelles qui tentent de prendre le contrôle d'Ajdabiah, un carrefour stratégique.

Au cours des dernières 24 heures, les forces de la coalition, emmenée par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, ont tiré 16 missiles de croisière Tomahawk et effectué 153 sorties aériennes, selon l'armée américaine.

Un avion français a détruit dans la nuit une batterie d'artillerie des forces régulières près d'Ajdabiah, à 160 km au sud de Benghazi, la "capitale" des rebelles dans l'Est libyen.

Le ministère britannique de la Défense a annoncé pour sa part qu'un chasseur-bombardier Tornado avait tiré des missiles sur des véhicules de l'armée libyenne menaçant des civils dans la même région.

Selon un porte-parole de l'Alliance Atlantique, les opérations de l'Otan pour faire respecter la zone d'exclusion aérienne dans le ciel libyen pourraient durer trois mois.

La France a prévenu que l'issue du conflit ne serait pas rapide. "Je doute que ce soit en jours, je pense que ce sera en semaines, j'espère que ce ne sera pas en mois", a dit l'amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées françaises.

Les Occidentaux espèrent que ces opérations, lancées samedi dernier sous mandat de l'Onu pour assurer la protection des populations civiles et instaurer une zone d'exclusion aérienne, vont renverser le rapport des forces en faveur des rebelles.

A Tripoli, des habitants ont fait état d'un raid aérien juste avant l'aube, suivi d'explosions et de rafales de la défense antiaérienne.

NOUVELLE OFFENSIVE À ADJABIAH

Dans l'Est, les rebelles s'apprêtent à lancer une offensive à Ajdabiah contrôlée par les forces de Kadhafi. Véhicules chargés de lance-roquettes, nombreux pick-up lourdement armés: les insurgés semblent mieux préparés et organisés que ces derniers jours. De nouvelles routes menant à Ajdabiah ont été bloquées et les rebelles communiquent entre eux par téléphone.

Reprendre le contrôle d'Ajdabiah serait une grande victoire pour l'insurrection de l'Est qui en a été chassée il y a deux semaines par des forces armées libyennes mieux équipées.

Une telle victoire confirmerait en outre que les frappes aériennes occidentales aident considérablement les rebelles.

A Benghazi, leur porte-parole Moustapha Gheriania a dit qu'il s'attendait à ce qu'Ajdabiah tombe vendredi ou samedi.

"Les frappes aériennes de la nuit dernière vont fragiliser les forces de Kadhafi et plus que tout leur moral" a-t-il dit aux journalistes, jugeant les frappes occidentales "suffisantes. Nous nous sentons en sécurité sous leur protection."

Le responsable du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dans l'est de la Libye, Simon Brooks, a fait état de déplacements importants de population d'Ajdabiah en raison des combats. Le CICR a envoyé 700 tentes dans cette zone pour venir en aide aux déplacés. A Ajbadiah, l'hôpital est "très proche de là où se déroulent les combats. Il est très difficile pour les personnes d'y avoir accès", a ajouté Simon Brooks.

L'UA PLAIDE EN FAVEUR DU DIALOGUE

Intervenant pour la première fois depuis l'adoption de la résolution 1973 au Conseil de sécurité de l'Onu, l'Union africaine, hostile à toute forme d'intervention étrangère en Libye, a annoncé qu'elle souhaitait faciliter des discussions entre les deux parties pour mettre un terme au conflit.

"L'action de l'UA progresse dans le cadre d'un processus politique déterminé visant à faciliter un dialogue entre les parties libyennes sur des réformes à lancer pour éliminer les racines du conflit (...) et qui devraient aboutir à l'élection d'institutions démocratiques", a déclaré le président de la commission de l'UA, Jean Ping.

Les Emirats arabes unis ont confirmé qu'ils engageaient six F-16 et six Mirage dans les patrouilles visant à faire respecter la zone d'exclusion aérienne. Le Qatar a d'ores et déjà mobilisé deux chasseurs et deux avions de transport de troupes.

Le Soudan a parallèlement accepté d'ouvrir son espace aérien aux avions participant à l'opération, dit-on de sources diplomatiques aux Nations unies, où la délégation de Khartoum n'a fait aucun commentaire.

A Bruxelles, les 28 pays membres de l'Otan sont convenus tard jeudi soir de faire respecter une zone d'exclusion aérienne mais ne sont pas tombés d'accord pour prendre le commandement de l'ensemble des opérations militaires.

Après quatre jours d'âpres discussions sur le rôle que devait jouer l'Otan, le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré que le mandat de l'Otan n'irait pour l'instant pas au-delà de la mise en oeuvre de la zone d'exclusion aérienne et d'un embargo sur les armes.

L'Otan devrait prendre le commandement des opérations militaires dans deux ou trois jours, a annoncé vendredi le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini.

Avec Mohammad Abbas et Angus MacSwan à Benghazi, David Brunnstrom à Bruxelles, Henri-Pierre André et Marine Pennetier pour le service français, édité par Gilles Trequesser