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Les militaires français obligés de s'auto-équiper

Un soldat français venu s'équiper dans une boutique de surplus militaire à Paris, avant de partir en mission.

Un soldat français venu s'équiper dans une boutique de surplus militaire à Paris, avant de partir en mission. - -

L'intendance au sein de l'armée française ne suit pas toujours. Résultat: avant de partir en mission, pour leur propre sécurité, des soldats français font les boutiques de surplus militaire pour mieux s'équiper.

Des proches de soldats français en Centrafrique commencent à relayer, via des blogs et les réseaux sociaux, les lacunes dans l'intendance sur le terrain. L'armée française est insuffisamment équipée et ces manques logistiques nuisent à la sécurité des militaires. Résultat: les boutiques de surplus font le plein.

Dans un de ces magasins, à Paris, un soldat fouine à la recherche de matériel avant de partir en mission. "On ne prend jamais le risque de prendre le sac de couchage qu'on a perçu. Celui qui fait ça, il est fou!" témoigne-t-il à visage couvert.

Ce jeune homme n'est pas un cas isolé. Ces "chasseurs alpins qui ont besoin de sacs de couchage avec des performances calorifiques importantes", la gérante de la boutique les connaît bien. "Le matériel qui leur est fourni ne correspond pas du tout à leur besoin", indique-t-elle.

"500 euros d'équipement par an"

"Dans le paquetage qui leur est fourni, il leur manque beaucoup de choses", poursuit-elle. Jusqu'aux plus élémentaires. "Ca va de la paire de chaussettes à celle de rangers, un treillis, des gants..."

Ce matériel, les militaires le payent de leur poche. Sans aide de l'armée. Mais pour un autre soldat rencontré dans la même boutique, "on se dit que ce sera mieux si on a plus d'équipement". Ce soldat estime qu'il dépense ainsi "500 euros d'équipement" par an.

L'auto équipement est une des conséquences des coupes budgétaires dans l'armée. En Centrafrique, les militaires ont relaté l'insuffisance des douches, les problèmes d'évacuation d'eau ou encore des nuits passées dans des tentes sans climatisation ni moustiquaire. Une cinquantaine de soldats français auraient ainsi attrapé le paludisme au cours des deux derniers mois.

M. T. avec Julien Migaud-Muller