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L'excision: une pratique risquée en 5 questions

"Le défi consiste maintenant à faire en sorte que les filles et femmes, mais aussi les jeunes garçons et les hommes, s'expriment très clairement pour que cette pratique nuisible soit abandonnée", a encore expliqué la directrice générale adjointe de l'Unic

"Le défi consiste maintenant à faire en sorte que les filles et femmes, mais aussi les jeunes garçons et les hommes, s'expriment très clairement pour que cette pratique nuisible soit abandonnée", a encore expliqué la directrice générale adjointe de l'Unic - -

Selon l'Unicef, l'excision est susceptible de toucher 30 millions de fillettes dans les prochaines années. Le point sur la mutilation féminine généralisée dans certains pays.

L’excision n’est pas une pratique en voie de disparition. Même si elle tend à diminuer, l’Unicef révèle lundi que 30 millions de filles pourrait connaître cette mutilation génitale dans le monde.

Elles sont déjà 125 millions à avoir subi cette intervention risquée. Illégale dans une vingtaine de pays africains, en Europe, aux Etats-Unis et au Canada notamment, la pratique a fait l'objet d'une condamnation de l'ONU. BFMTV.com fait fait le point sur une pratique risquée.

> A quel âge une fille subit-elle cette mutilation?

Les filles en proie à cette intervention sont généralement âgées de 4 à 12 ans, bien que certaines communautés la pratiquent dès les premiers jours de vie ou juste avant le mariage.

> Qu'est-ce que c'est?

L’excision comprend quatre procédures distinctes: la clitoridectomie, une ablation partielle ou totale du clitoris, l’excision, c'est-à-dire l’ablation totale ou partielle du clitoris et des petites lèves, avec ou sans excision des grandes lèves, l’infibulation, le rétrécissement de l’orifice vaginal par la création d’une fermeture, et toute autre procédure néfaste au niveau des organes génitaux féminins.

> Pourquoi la pratique-t-on?

L’excision est souvent perçue comme une manière de décourager les rapports sexuels avant le mariage et de préserver la virginité.

Selon les communautés, plusieurs arguments sont évoqués pour justifier cette mutilation : hygiénistes (pour assurer la pureté et la virginité), religieux (on soutient qu’elle est imposée par la religion musulmane), historiques (le respect des traditions et des coutumes) et initiatiques. La pression sociale joue un rôle phare dans la perpétuation de la pratique.

> Où la pratique-t-on?

La mutilation génitale féminine est pratiquée dans au moins 28 pays africains et quelques pays d’Asie et du Proche Orient. Avec 98% des femmes entre 15 et 49 ans qui ont été excisées, la Somalie est le pays où cette pratique est la plus répandue dans le monde. Viennent ensuite la Guinée avec 96%, Djibouti avec 93%, puis l'Egypte avec 91%.

En revanche, au Kenya et en Tanzanie, "les femmes âgées de 45 à 49 ans sont trois fois plus susceptibles d'avoir été excisées que les filles entre 15 et 19 ans", souligne l'Unicef. Au Ghana, 60% des femmes de 40 ans et plus ont subi une excision, contre 16% pour les adolescentes.

> Quels sont les risques pour la santé?

Les risques ne concernent pas seulement la santé physique, l’excision comporte également un risque pour la santé mentale. La procédure peut augmenter les complications à l’accouchement et le décès maternel. Les autres effets incluent des douleurs intenses, des hémorragies, le tétanos, la stérilité, des kystes et des abcès, l’incontinence ou des troubles d’ordre sexuel ou psychologique.

Laure Beaudonnet avec AFP