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Egypte: Morsi rejette l'ultimatum de l'armée

Un manifestant agite son drapeau, lundi 1er juillet, place Tahrir, après l'annonce de l'ultimatum de l'armée au président Morsi.

Un manifestant agite son drapeau, lundi 1er juillet, place Tahrir, après l'annonce de l'ultimatum de l'armée au président Morsi. - -

Le président égyptien se retrouve isolé, alors que l'armée s'est rangée du côté des manifestants et que quatre ministres ont démissionné.

La présidence égyptienne a rejeté ce mardi matin l'ultimatum de l'armée donnant 48 heures à Mohamed Morsi pour satisfaire les "demandes du peuple" faute de quoi elle imposerait une feuille de route, marquant une escalade dans la crise politique où se trouve plongé le pays le plus peuplé du monde arabe.

L'ultimatum, lancé par les militaires qui avaient pris les rênes de l'exécutif pour un intérim controversé entre la chute du président Hosni Moubarak en février 2011 et l'élection de Mohamed Morsi en juin 2012, a suivi des manifestations de masse réclamant le départ du président islamiste.

Affirmant que "l'Egypte ne permettra absolument aucun retour en arrière quelles que soient les circonstances", Mohamed Morsi s'est posé en garant de la "réconciliation nationale" et de la "paix sociale", alors que l'armée avait déclaré la semaine dernière qu'elle ne laisserait pas le pays "plonger dans un tunnel sombre de conflit et de troubles".

"Morsi n'est plus notre président"

Dans un message lu à la télévision, le commandement militaire a indiqué que "si les revendications du peuple n'étaient pas satisfaites durant cette période, (les forces armées) annonceraient une feuille de route et des mesures pour superviser sa mise en oeuvre". Les opposants toujours mobilisés place Tahrir au Caire ont explosé de joie après cette déclaration qui pousse, selon eux, le président vers la sortie comme ils le réclament.

"Morsi n'est plus notre président, Sissi avec nous", ont scandé les manifestants, en référence au général Abdel Fattah al-Sissi, chef de l'armée et ministre de la Défense, dont le portait est apparu à l'écran durant la lecture de la déclaration militaire. Après l'annonce de l'armée, des dizaines de milliers de manifestants enthousiastes ont défilé dans les rues du Caire, d'Alexandrie et d'autres grandes villes du pays. "L'armée s'est rangée au côté du peuple", a estimé le mouvement Tamarrod, à l'origine de manifestations monstres dimanche. Quatre membres du gouvernement ont quant à eux présenté leur démission, accroissant l'isolement de Mohamed Morsi.

Les Frères musulmans, la formation d'où vient Mohamed Morsi, se sont contentés de déclarer qu'ils "étudiaient" la déclaration militaire.

Obama et l'ONU appellent au calme

Le président américain Barack Obama a invité "toutes les parties à faire preuve de retenue" tandis que l'ONU a appelé au dialogue, en soulignant que l'issue de cette nouvelle crise aurait un "impact important" sur l'évolution des autres pays de la région. Dimanche, la foule avait déferlé dans la capitale et dans de nombreuses autres villes aux cris de "Le peuple veut la chute du régime", le slogan déjà scandé début 2011 contre le pouvoir autoritaire de Hosni Moubarak.

Au moins 16 personnes ont été tuées dans tout le pays en marge des manifestations, dont huit dans des affrontements entre pro et anti-Morsi au Caire, selon le ministère de la Santé. La grande institution islamique Al-Azhar, basée au Caire, a indiqué craindre "un nouveau bain de sang" et s'est inquiétée de l'infiltration d'hommes armés dans les rassemblements "pacifiques".

L'armée et la police sont déployées dans le pays pour éviter des dérapages graves, en particulier autour des établissements vitaux.

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A.D. avec AFP