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Egypte: des dizaines de milliers de manifestants, heurts sanglants

Le heurts ont fait au moins 17 morts et des centaines de blessés vendredi, jour de mobilisation des Frères musulmans.

Le heurts ont fait au moins 17 morts et des centaines de blessés vendredi, jour de mobilisation des Frères musulmans. - -

Les Frères musulmans ont manifesté en masse, ce vendredi, en Égypte. En fin de journée, des heurts sanglants ont éclaté, causant la mort d'au moins 29 personnes, dont 12 à Alexandrie.

Des dizaines de milliers de partisans des Frères musulmans, harangués par leur chef décidé à poursuivre la mobilisation, ont manifesté vendredi en Egypte pour exiger le retour du président Mohamed Morsi évincé par l'armée. Le numéro 2 du mouvement a été arrêté, tard dans la nuit de vendredi à samedi, précisait une source sécuritaire.

Le climat de la journée laissait transparaître une extrême tension. Les heurts ont fait au moins 29 morts et plus de 400 blessés, ce vendredi soir, selon un dernier bilan.

Au moins 12 tués et 200 blessés ont été annoncés après minuit à Alexandrie, par l'AFP. Un responsable de la Santé dans la ville côtière a précisé à l'agence que la plupart des décès étaient dus à des tirs de balles réelles et de chevrotine.

L'armée sépare les deux camps

A l'issue d'une journée de manifestations des deux camps, des affrontements ont éclaté dans la soirée au Caire aux abords de la place Tahrir entre pro et anti-Morsi, faisant plusieurs morts.

Des tirs étaient entendus et les deux camps se jetaient des pierres sur le pont du 6-Octobre à proximité de la place emblématique de la capitale égyptienne, où s'étaient rassemblés des milliers d'opposants au président islamiste.

L'armée égyptienne a annoncé qu'elle allait intervenir pour séparer les protestataires.

Dans le Nord-Sinaï, des islamistes ont pris d'assaut le gouvernorat et hisser leur drapeau. Plus tôt dans la journée, cinq policiers avaient été tués par des hommes armés dans la péninsule, peu après la mort d'un soldat dans cette région instable, frontalière avec Gaza et Israël, selon des sources au sein des services de sécurité.

Le Guide des Frères musulmans en première ligne

Devant ses partisans mobilisés pour un "vendredi du refus" du "coup d'Etat militaire" et "l'Etat policier", le Guide suprême des Frères musulmans, Mohammed Badie, a appelé à rester "dans les rues par millions jusqu'à ce que" le président déchu soit revenu au pouvoir.

"Nous avons déjà vécu sous un régime militaire et nous ne l'accepterons pas une nouvelle fois", a-t-il prévenu, faisant référence à l'intérim controversé assuré par l'armée entre la chute de Hosni Moubarak en février 2011 et l'élection de Mohamed Morsi en juin 2012.

Pendant son discours, des hélicoptères militaires survolaient la foule à basse altitude. Tard dans la nuit de vendredi, Khairat al-Chater, l'adjoint au Guide suprême des Frères musulmans égyptiens a été arrêté, a annoncé une source au sein des services de sécurité.

Vers des élections anticipées, mais quand?

Les nouvelles autorités mises en place par l'armée, après l'éviction de Mohamed Morsi mercredi, semblaient tout aussi déterminées à mettre en place rapidement de nouveaux rouages dans le pays et mener à bien leur "feuille de route" qui doit aboutir à des élections anticipées.

Le président intérimaire Adly Mansour, nommé par l'armée, a dans son premier décret dissous la chambre haute dominée par les islamistes, qui assure l'intégralité du pouvoir législatif, et nommé un nouveau chef des renseignements.

Mais ces décisions pourraient faire monter encore davantage la tension, déjà alimentée par les accrochages qui ont fait près de 60 morts dans le pays depuis le 26 juin.

D. N. avec AFP et Romain Zlatanovic (vidéo)