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Egypte:13 morts dans un attentat à la voiture piégée

Un bâtiment de police de Mansoura, ville siuée à une centaine de kilomètres au nord du Caire, a été visé par un attentat le 24 décembre.

Un bâtiment de police de Mansoura, ville siuée à une centaine de kilomètres au nord du Caire, a été visé par un attentat le 24 décembre. - -

Une voiture piégée a tué 13 personnes mardi en Egypte. Les autorités intérimaires dénoncent une tentative d'entraver la transition promise par l'armée lors de la destitution début juillet de Mohamed Morsi.

L'apaisement n'est pas d'actualité en Egypte. Un attentat à la voiture piégée visant la police a fait 13 morts mardi (un premier bilan faisait état de 14 décès) en Egypte à Mansoura, au nord du Caire. Les autorités intérimaires dénoncent une tentative d'entraver la transition promise par l'armée lors de la destitution début juillet du président islamiste Mohamed Morsi, dont la première étape est un référendum constitutionnel prévu mi-janvier.

Les Frères musulmans, la confrérie de Mohamed Morsi visée par une répression meurtrière des nouvelles autorités dirigées de facto par les militaires, ont aussitôt condamné l'attaque, l'une des plus sanglantes depuis l'éviction le 3 juillet du premier président élu démocratiquement d'Egypte.

Un bâtiment de la police visé

Dans la nuit, une voiture chargée de plusieurs dizaines de kilogrammes d'explosifs, selon des responsables des services de sécurité, a explosé devant un bâtiment de la police à Mansoura, chef-lieu de la province de Daqahleya, tuant 14 personnes et en blessant une centaine d'autres, selon des sources médicales locales.

La majorité des victimes sont des policiers, a précisé Omar al-Chaouatfy, le gouverneur de cette province à une centaine de kilomètres au nord du Caire. Un journaliste sur place a fait état de façades soufflées et d'un blindé de la police écrasé par l'explosion. Un immeuble voisin s'est écroulé.

Les Frères musulmans montrés du doigt

De nombreux résidents, excédés, s'en prenaient aux Frères musulmans. "C'est une organisation terroriste internationale, ils sont responsables de ce qui s'est passé", a lancé Hamada Arafat, accusant la confrérie d'"adopter les tactiques d'Al-Qaïda". Peu après l'attentat, un conseiller du Premier ministre Hazem Beblawi affirmait d'ailleurs à l'agence officielle Mena que le chef du gouvernement avait qualifié les Frères musulmans d'"organisation terroriste".

Cette déclaration, à forte portée politique à trois semaines d'un référendum constitutionnel que la confrérie a appelé à boycotter, ne devrait toutefois pas entraîner de conséquences dans l'immédiat pour le mouvement islamiste, déjà interdit.

Toutefois, Mena a ensuite publié des déclarations de Hazem Beblawi lui-même, dans lesquelles il n'accuse plus la confrérie directement. Il y réaffirme que "le terrorisme ne parviendra pas à entraver" la transition qui doit se terminer avec la tenue d'élections législatives et présidentielle mi-2014.

Des attaques régulières contre la police et l'armée

Depuis début juillet, des attaques visant la police et l'armée se sont multipliées dans le pays, tuant plus d'une centaine de soldats et de policiers, en majorité dans la péninsule désertique du Nord-Sinaï, une région majoritairement peuplé de Bédouins aux rapports tendus avec les autorités de longue date.

Des groupes jihadistes, dont certains liés au réseau extrémiste, revendiquent régulièrement ces attentats.

Le président déchu est actuellement jugé pour son évasion de prison lors de la révolte de 2011, la mort de manifestants et des accusations d'"espionnage" pour des organisations étrangères en vue de commettre des "actes terroristes".

La quasi-totalité de la direction de la confrérie se trouve également derrière les barreaux et fait l'objet de poursuites. Des milliers d'islamistes ont été arrêtés dans le cadre de cette campagne de répression contre le camp de Mohamed Morsi qui s'est soldée en outre par plus d'un millier de morts.

K. L.et D. N. avec AFP