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Deux étrangers lynchés à Madagascar: des boucs-émissaires?

Le lynchage s'est produit jeudi à l'aube sur l'île touristique de Nosy Be (photo d'illustration).

Le lynchage s'est produit jeudi à l'aube sur l'île touristique de Nosy Be (photo d'illustration). - -

Soupçonnés de trafic d'organe et du meurtre d'un enfant, les deux hommes ont été tués jeudi matin par une foule d'émeutiers. Un témoin de la scène crie à la méprise.

Qu'est-ce qui a poussé une foule à prendre en chasse deux vazaha - les étrangers européens en langue malgache -, jeudi matin, et à les lyncher sur l'île touristique de Nosy Be? Pour la gendarmerie, cette émeute est liée à la découverte du corps d'un petit garçon mutilé de plusieurs organes. Mais un Français installé sur l'île, joint par Le Parisien, parle de "boucs-émissaires".

La gendarmerie malgache a ainsi indiqué que l'émeute faisait suite à la découverte du corps d'un garçon de 8 ans, porté disparu, mutilé de ses organes génitaux et de sa langue. "Les émeutiers ont soupçonné ces deux étrangers d'être les auteurs de ce meurtre, et de se livrer au trafic d'organes", a précisé l'adjoint du commandant de la gendarmerie, le général Guy Bobin Randriamaro.

Selon lui, les étrangers "ont avoué sous la torture" avant d'être tués par la foule.

"3.000 à 4.000 personnes"

Joint par Le Parisien, un témoin français sur place confirme cette scène terrible, qui s'est produite "vers 6 heures du matin". Il décrit une foule de "3.000 et 4.000 personnes", comprenant "des femmes et des enfants", fondant sur les deux hommes. Ceux-ci "ont été tabassés puis jetés sur un brasier."

Mais pour lui, le corps de l'enfant avait déjà été retrouvé la veille au soir, et il était "habillé". "Ces histoires de trafic d'organes ou de corps découpés ne sont que des rumeurs", a-t-il pointé. Il connaissait l'un des deux hommes, un quadragénaire qu'il décrit comme "vivant un peu en marge". Le Quai d'Orsay a confirmé jeudi qu'au moins une des deux victimes était un ressortissant français.

M. T.