BFMTV

A Venise, un homme noir se noie sous les quolibets des badauds

Le Grand Canal de Venise (Photo d'illustration)

Le Grand Canal de Venise (Photo d'illustration) - MARCO BERTORELLO - AFP

Un Gambien de 22 ans s'est noyé dans le Grand Canal de Venise, dimanche dernier, sous les insultes de nombreux témoins. Pas un seul d'entre eux n'a essayé de lui porter secours.

Pour certains, comme le relate ici le site de France 24, c'est un suicide, d'autres évoquent une simple noyade. Ce qui est sûr, c'est que Pateh Sabally, 22 ans, un Gambien bénéficiant du statut de réfugié depuis deux ans en Italie, s'est noyé dans le Grand Canal de Venise dimanche dernier, sous les railleries, et parfois les insultes, de la foule. 

Il n'arrive pas à se saisir des bouées

Ces derniers jours, des vidéos ont émergé sur les réseaux sociaux. Elles montrent les images du drame qui a abouti à la mort du jeune homme. Un homme noir peine à garder la tête au-dessus de l'eau du Grand Canal de Venise. Depuis les bateaux qui sillonnent la lagune, certains sortent leur portable pour filmer la scène, d'autres invectivent l'individu en péril. On attend notamment "Afrique! Afrique!", "Laissez-le mourir!", "Rentre chez toi!", puis enfin "Lancez-lui des gilets de sauvetage".

Ce sont des bouées qui lui sont finalement envoyées mais l'homme ne les saisit pas. Personne ne saute dans pour l'aider et à l'arrivée des secours, il est mort. 

"C'est une mort dans un canal en face de centaines de personnes"

La direction vénitienne de la Société nationale de sauvetage a indiqué que jeter des bouées à une personne plongée, comme c'était le cas, dans une eau à 5° ne sert à rien dans la mesure où cette température paralyse le corps et rend très difficile le fait de s'emparer de l'accessoire. C'est d'une aide humaine dont Pateh Sabally avait besoin. 

"Ce drame fait réfléchir. Ce n'est pas un naufrage en mer, mais une mort dans un canal en face de centaines de personnes", a écrit Francesca Zaccariotto, responsable des travaux publics de la Sérénissime, sur sa page Facebook. Une enquête a été ouverte pour examiner d'éventuels manquements dans le déroulement de cette tragédie. 

R.V.