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Val-d'Oise: un collectif citoyen déclare le triangle de Gonesse comme une ZAD pour empêcher la construction d'une gare

Les opposants critiquent notamment la construction d'une gare du Grand Paris Express.

Les opposants critiquent notamment la construction d'une gare du Grand Paris Express. - JACQUES DEMARTHON

Selon ce collectif citoyen, la construction de cette gare du Grand Paris Express entraînerait une "bétonisation inutile" de cette zone agricole.

Une quarantaine de personnes se sont mobilisées ce dimanche après-midi dans le triangle de Gonesse, des terres agricoles voisines de l'aéroport de Roissy, pour protester contre le projet de construction d'une gare du Grand Paris Express et d'un quartier d'affaires, révèle France Bleu Paris. Ce collectif citoyen a déclaré la zone "Zone à défendre" (ZAD).

Sauvés de l'artificialisation par Emmanuel Macron, qui a abandonné le méga-complexe commercial et de loisirs Europacity en novembre 2019, le sort des 280 hectares de terres agricoles situées à une quinzaine de kilomètres de Paris reste encore incertain

En parallèle, sur Internet, une pétition intitulée le "Serment du Triangle", appelant à préserver cette vaste zone agricole où doit être construite une gare de la future ligne 17 du métro, rassemblait déjà 8700 signatures ce dimanche soir dont celle de plusieurs élus locaux.

"En ce début d’année, la Société du Grand Paris annonce la reprise des travaux de la gare, qui rendrait inéluctable l’urbanisation de la zone. Les scientifiques et la Convention citoyenne sur le climat clament pourtant l’absolue nécessité de ne plus porter atteinte aux terres agricoles: toute nouvelle bétonisation accroît la menace sur notre avenir", plaide le collectif dans cette pétition.

Préserver les terres agricoles

"Le triangle de Gonesse offre une opportunité unique (...) de proposer à la jeunesse francilienne et aux milliers de salarié.es touché.es par la pandémie l’accès à des emplois dans les filières d’avenir de l’agriculture péri-urbaine, (...) du recyclage, de la mobilité durable, des énergies renouvelables, de l’éco-construction", insiste par ailleurs le collectif dans un communiqué.

Au lieu de cette bétonisation, il rêve ainsi de voir mis en place le "projet Carma", qui vise à créer " des fermes de maraîchage, d'horticulture et de céréaliculture, des vergers, de l'élevage, des jardins familiaux et associatifs, des conserveries et des brasseries", pour "approvisionner les cantines scolaires et les marchés locaux en produits frais et de saison."

"Nous revendiquons l'abandon du projet de gare et de ZAC, pour que le projet agricole alternatif que nous portons puisse commencer", a dit Bernard Loup, le président du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG).

Le militant associatif a expliqué qu'une douzaine de personnes, "des soutiens du collectif", ont décidé dimanche matin de "débuter l'occupation de la zone". Des tentes ont été installées, ainsi que l'eau et l'électricité, et "une douzaine de personnes vont dormir sur place", a-t-il précisé.Pour l'heure, il est prévu que cette zone, interdite à l'habitat car coincée entre les aéroports Paris-Charles de Gaulle et du Bourget, accueille une gare de la ligne 17 du métro du Grand Paris Express d'ici 2027, et une ZAC avec bureaux.

Cyrielle Cabot Journaliste BFMTV