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Rapporter ses médicaments: un réflexe de plus en plus courant

77 % des Français rapportent leurs médicaments non utilisés dans les pharmacies (étude LH2-BVA). Pour les récalcitrants, Cyclamed lance une nouvelle campagne TV.

77 % des Français rapportent leurs médicaments non utilisés dans les pharmacies (étude LH2-BVA). Pour les récalcitrants, Cyclamed lance une nouvelle campagne TV. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Depuis plus de 20 ans, Cyclamed se charge de collecter les médicaments non utilisés. La démarche est désormais naturelle pour certains mais des Français n y pensent pas encore. L'éco-organisme multiplie donc les campagnes de pub et sensibilise les pharmaciens.

Désormais, plus de trois quarts des Français affirment déposer leurs médicaments non utilisés chez le pharmaciens. Certains d'entre eux sont très fidèles, ils sont 7 sur 10 à affirmer le faire "toujours" selon une enquête LH2-BVA publiée jeudi. L'an dernier, Cyclamed a constaté une progression de 3,2 % de la collecte dans un marché où les ventes ont un peu baissé.

Sirops, aérosols, suppositoires, comprimés, gélules, pommades, crèmes, gel... les produits collectés sont nombreux. L'idéal serait de les séparer de leurs emballages mais Thierry Moreau-Desfarges, président de Cyclamed, estime que l'essentiel est dans un premier temps d'avoir le bon geste, quitte à ce que le médicament soit encore dans son carton d'emballage. Le réflexe est là mais les idées reçues sont également tenaces. Ainsi 32 % des Français pensent que ces médicaments sont destinés à des organisations humanitaires, il n'en est rien.

Ils sont valorisés, autant dire brûlés, dans 53 unités. L'énergie dégagée est récupérée sous forme de chaleur ou d'électricité. De quoi chauffer environ 7.000 foyers. Le système est simple. Un carton par semaine et par pharmacie est collecté par les grossistes qui les redirigent vers les unités de revalorisation.

Nouvelle campagne en avril

Les Français qui déposent ces médicaments chez leur pharmacien pensent ensuite à leur dangerosité. Ils préfèrent ne pas les laisser traîner pour éviter notamment des accidents avec leurs enfants. Ils craignent aussi d'en arriver à les jeter à la poubelle, voire dans les toilettes (c'est le cas de 2 % des Français).

Le recyclage et la protection de l'environnement sont aussi, mais dans un deuxième temps, à l'origine de leur démarche. Il y a les irréductibles: les jeunes de 25 à 34 ans ne rapportent pas en priorité leurs médicaments. Il convient d'admettre que leur armoire à pharmacie n'est sûrement pas pleine à craquer. Il y a aussi les flemmards et ceux qui disent manquer de temps, ils sont assurément plus difficiles à convaincre mais Cyclamed fait preuve d'inventivité.

Une nouvelle campagne plus ludique est lancée cette année à la télévision: deux spots de 12 secondes avec des personnages en 3D, des médicaments non utilisés qui incitent au retour en pharmacie. Et un slogan: "les médicaments sont utiles, ne les rendons pas nuisibles". Cyclamed bénéficie d'une diffusion en dehors des écrans pub et pour un tarif préférentiel voir gracieux dans certains cas. L'impact de la télévision est fort: 47 % des Français connaissent l'éco-organisme grâce aux spots diffusées. Une nouvelle campagne débute d'ailleurs le 14 avril.

Des Français plus près de leur sous

Les réseaux sociaux ont aussi leur rôle à jouer, l'éco-organisme se targue de 1750 fans sur Facebook avec une progression constante. Bon nombre de questions sont posées par des professionnels de la santé. Les Francais évoluent mais l'arbre cache aussi la forêt . Ce sont désormais environ 358 grammes de médicaments qui restent dans chaque foyer, 120 grammes de moins que précédemment, selon une récente étude CSA.

La plupart des Français ont le bon geste auprès de leur pharmacien , la crise est aussi passée par là. L'automédication gagne du terrain , les Français consultent moins. Ils achètent donc moins. L'an dernier ,30 % d'entre eux disaient avoir limité leur visite chez le médecin. Ils vident tout de même leurs tiroirs environ deux fois par an. Les Français sont de plus en plus convaincus qu'ils ne doivent garder chez eux que les médicaments utiles à leur traitement.

Nathalie Croisé de BFM Business