BFMTV

Panne à la gare Montparnasse: les reproches du gouvernement à la SNCF

Des voyageurs attendent leur train le 30 juillet 2017 à la gare Montparnasse, à Paris, après une panne

Des voyageurs attendent leur train le 30 juillet 2017 à la gare Montparnasse, à Paris, après une panne - Jacques Demarthon-AFP

Alors que le trafic ferroviaire est paralysé au départ et à l'arrivée de la gare Montparnasse à Paris depuis dimanche et que le gouvernement était resté silencieux, de premières critiques ont été émises à l'adresse de la SNCF.

La situation est toujours aussi confuse à la gare Montparnasse, à Paris. Alors que la panne a été localisée et que les travaux doivent avoir lieu dans la nuit de mardi à mercredi, plusieurs membres du gouvernement, qui étaient jusque-là restés silencieux, ont adressé à demi-mot ce mardi des reproches à la SNCF.

"On voit bien que ça ne va pas"

D'abord, la ministre des Transports a demandé à la SNCF un rapport sur cet incident qui paralyse le trafic ferroviaire au départ et à l'arrivée de la capitale depuis dimanche. Élisabeth Borne, qui a jugé sur Europe 1 que la situation n'était pas "satisfaisante", souhaite que les dirigeants de l'entreprise ferroviaire publique lui remettent ce rapport d'ici la fin de la semaine. 

"On aura à faire un retour d'expérience sur pourquoi on a mis aussi longtemps à trouver la panne et à la réparer, et aussi pourquoi on a eu une situation aussi dégradée dimanche à Montparnasse." L'ancienne patronne de la RATP ajoute: "Il faut que l'on évite de connaître à nouveau des situations de ce type."

À demi-mot, la ministre a adressé des critiques à la SNCF. "C'est bien de faire des lignes à grande vitesse, de gagner du temps pour aller à Bordeaux ou à Rennes, mais si ensuite on est bloqué gare Montparnasse, on voit bien que ça ne va pas. La priorité aux lignes à grande vitesse s'est faite au détriment de la modernisation du réseau existant", a-t-elle dénoncé.

"Inconcevable" et "inacceptable"

Autre reproche par le secrétaire d'État au ministère de l'Économie, Benjamin Griveaux, qui a quant à lui qualifié d"'inconcevable" et d'"inacceptable" sur RMC et BFMTV la situation chaotique à la gare Montparnasse "pendant ces périodes de vacances".

"La modernisation du réseau est indispensable afin d'éviter qu'à l'avenir ce type de situation ne se reproduise", a-t-il ajouté, reconnaissant, comme la SNCF elle-même, qu'"il y a eu de gros problèmes de communication".

Le secrétaire d'Etat au ministère de l'Economie prévoit que "la modernisation (du réseau, NDLR) fera l’objet d’une loi de programmation en 2018".

Une panne qui va coûter cher

Le trafic est toujours fortement perturbé ce mardi: seuls trois TGV sur quatre seront en circulation et de nombreux trains seront à nouveau réorientés vers la gare de Paris Austerlitz. La SNCF prévoit également un train sur deux sur la ligne N du Transilien jusqu'en fin de soirée.

Rachel Picard, directrice générale de Voyages SNCF, avait déjà expliqué lundi sur Europe 1 que l'enquête autour de cette panne dont on savait alors seulement qu'elle était située dans le poste de commandes de signalisation, à Vanves dans les Hauts-de-Seine, serait "longue et difficile". 

Un incident qui risque de coûter très cher à la SNCF. La facture pourrait s'élever à à 2,2 millions d'euros pour la seule journée de dimanche. 

Céline Hussonnois-Alaya