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Les trottinettes électriques en libre-service sont-elles écologiques?

Dix opérateurs se partagent désormais le marché de la trottinette en libre-service dans Paris.

Dix opérateurs se partagent désormais le marché de la trottinette en libre-service dans Paris. - KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Entre la fabrication, l'importation et la recharge des trottinettes électriques, plusieurs centaines de grammes de CO2 sont émis à chaque utilisation.

Dans une étude publiée le 2 août, des scientifiques de l'université de Caroline du Nord ont calculé l'impact environnement des trottinettes électriques en libre-service. Une trottinette émettrait 202g de CO2 par passager et par mile (environ 1,6 km) parcouru. A titre de comparaison, un bus émettrait seulement 82g. 

Une fabrication polluante

Les chercheurs américains mettent en avant plusieurs facteurs. En premier lieu, les trottinettes fonctionnent grâce à des batteries au lithium, un minéral dont l'extraction est extrêmement énergivore. La majorité des trottinettes électriques sont par ailleurs fabriquées et assemblées en Chine. Il faut donc ensuite les transporter en France par avion. La fabrication et l'envoi des trottinettes compteraient ainsi pour 50% de leur coût écologique. 

Le problème de la recharge

Ensuite, les trottinettes électriques doivent être rechargées. A Paris, des "juicers" sillonnent les rues le soir pour collecter les engins et les recharger pour le lendemain. Souvent, ils se déplacent avec une camionnette, qui pollue. 

"Ce mercredi matin, nous avons reçu notre première camionnette électrique pour nos juicers, se félicite Lucas Bornert, directeur général de Voi, opérateur de trottinettes électriques, contacté par BFMParis.com. A l'automne, nous irons même plus loin. nous utiliserons un système de batteries interchangeables. Nos juicers pourront aussi se déplacer avec des vélos-cargo."

Une durée de vie limitée

Enfin, les trottinettes n'ont une durée de vie que très limitée. Un phénomène qui s'explique par les matériaux utilisés mais aussi par les actes de vandalisme à répétition. En août dernier, le magazine Quartz avait déjà mis en avant le caractère peu écologique des trottinettes. Il a examiné les données de 129 trottinettes électriques dans la ville de Louisville dans le Kentucky. Avec une durée de vie de 28,8 jours, il avait déploré un mode de transport peu durable. 

Là encore, Voi promet des améliorations. "Nous avons mis en circulation, mi-juillet, de nouvelles trottinettes électriques, fabriquées à partir de matériaux plus solides", explique Lucas Bornert. "Quand elles sont en fin de vie, nous essayons un maximum de récupérer et de réutiliser les pièces encore viables. Les autres sont recyclées."

"Globalement, nous trouvons cette étude plutôt positive. Sur les trois facteurs mis en avant, nous agissons activement sur deux. En un an, beaucoup a déjà été fait. J'imagine aisément que dans deux ans, ce sera de l'histoire ancienne", conclut le directeur général de Voi.
Cyrielle Cabot