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Les économies d'énergies, priorité des habitants des HLM

Les locataires de logements HLM attendent une meilleure prise en compte par les bailleurs du développement durable.

Les locataires de logements HLM attendent une meilleure prise en compte par les bailleurs du développement durable. - -

L'assemblée générale de la Fédération des ESH (sociétés HLM) se tient ce jeudi. L'occasion de dévoiler un sondage exclusif réalisé par TNS Sofres auprès des locataires HLM sur leurs attentes en matière de développement durable. Leur objectif est, sans surprise, la réduction des coûts. Ils attendent encore beaucoup des bailleurs sociaux. Et pourtant ces derniers agissent.

La notion de développement durable en tant que telle n’apparaît pas comme une priorité. Elle est seulement en 7ème position des attentes de locataires même s'ils ont conscience que la question de protection de l'environnement est clé.

Ils sont dans le même temps 64% à considérer que les organismes HLM ne sont pas suffisamment engagés dans la protection de l’environnement et le développement durable. Les locataires ont fixé les priorités des bailleurs: s'assurer que les réparations nécessaires dans les bâtiments soient faites rapidement, s'assurer de la qualité de l'entretien des bâtiments et des extérieurs et rénover les logements existants. L'argent est là encore le nerf de la guerre: les locataires privilégient le maintien des prix des loyers.

La moitié des locataires interrogés déclarent en effet éprouver des difficultés à faire face à leurs dépenses d’énergie. En dehors des questions énergétiques, les locataires attendent des efforts sur le tri des déchets ménagers. Dès lors pour deux tiers des locataires, l’objectif premier du développement durable pour les bailleurs sociaux devrait être la réalisation d’économies sur les charges. Ils estiment que c’est avant tout aux organismes HLM et non à eux qu’il revient d’en assumer la charge financière.

Des HLM moins énergivores que l'ensemble du parc

Et c'est bien là tout le paradoxe de cette étude car quand on y regarde de plus près, le secteur a pris des engagements forts dans ce domaine avec 42.000 logements sociaux en cours d’exploitation certifiés BBC (Bâtiment Basse Consommation) et 192.000 logements en projet qui visent les exigences de ce label.

On peut citer également la mise en place d’une gestion sélective des déchets et la généralisation de la pose d’équipements et de leur bon entretien afin de maîtriser la consommation d’eau potable. Sans parler du plan de rénovation thermique de 800.000 logements les plus énergétivores d’ici à 2020. Ce qui représente plus de trois milliards d’euros d’investissement réalisés grâce aux éco-prêts, aux fonds propres des organismes, aux mécanismes des certificats d'économie d'énergies ou encore, dans certains cas, au dégrèvement sur la taxe foncière. Les premiers effets se font déjà sentir: les consommations d’énergie sont inférieures de 20 % en moyenne à celles de l’ensemble des logements français.

"Gagnant-gagnant"

Malgré tout, comme le rappelle Dominique Chauvet, directrice générale de la la Fédération des ESH qui regroupe 274 sociétés anonymes d’HLM gérant un patrimoine de plus de 2 millions de logements (4,5 millions de personnes), l'image du HLM, "passoire thermique" est encore bien ancrée dans les esprits.

Le gouvernement a fait de la rénovation thermique une urgence pour le logement. Et cet objectif: 120.000 logements rénovés thermiquement chaque année.

Dominique Chauvet souligne l'importance de montrer l'impact très concret sur les factures. "Les locataires ne comprennent pas encore qu'ils ont à contribuer aux enjeux d'efficacité énergétique". L'échange "gagnant-gagnant" est déjà une réalité à travers la troisième ligne de quittance, ce contrat sur vingt ans qui permet de récupérer 50% des économies d’énergie auprès des locataires.

Aux yeux des bailleurs ce sondage se révèle finalement un très bon outil pour communiquer davantage et faire évoluer encore les mentalités.

Nathalie Croisé de BFM Business