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La sécheresse sévit dans de nombreuses régions, les agriculteurs réclament des aides

Il n'a pratiquement pas plu cet été dans de nombreuses régions. Les cultures et l'élevage sont de fait dans une situation critique. L'Etat et à travers lui la PAC sont appelés à la rescousse par les agriculteurs.

Il n'a pratiquement pas plu cet été. Conséquence directe: la production céréalière est en baisse. Ainsi celle du maïs qui chute de 12%. Pour les éleveurs, le problème se pose de manière de plus en plus aigu au fur et à mesure que la sécheresse perdure. "On devrait avoir une flore pas très haute, mais verte et variée: des légumineuses et des graminées qui permettraient de nourrir les animaux encore aujourd'hui, car normalement elles ne rentrent en stabulation que dans deux mois", déplore auprès de BFMTV Philippe Dufour, éleveur bovin à Echouboulains, en Seine-et-Marne.

Alors que l'herbe a séché sur pied, l'agriculteur a dû, pour nourrir ses 200 bêtes, entamer le foin prévu pour l'hiver. 

"Ça fait 60 jours que je nourris les bêtes dans les prés. J'ai déjà consommé 30% de fourrage de mes stocks hivernaux."
Situation des nappes phréatiques en métropole.
Situation des nappes phréatiques en métropole. © BFMTV

Des agriculteurs en appellent à l'Etat

Particulièrement touchés par la sécheresse, des agriculteurs du Grand Est et de Bourgogne-Franche-Comté ont appelé mercredi dans un communiqué à la "mobilisation", dénonçant le "désengagement de l'Etat" et "l'absence de réponse du ministre de l'Agriculture". "Face au silence et à l'indifférence, les départements du Grand Est et de la Bourgogne-Franche-Comté, les plus touchés par la sécheresse, lancent un appel à la mobilisation pour faire face à cette crise", ont indiqué les syndicats FRSEA et des Jeunes agriculteurs (JA) des deux régions.

"Si cette sécheresse est unique par son ampleur, elle est surtout unique par l'absence de réponse du ministre de l'Agriculture", dénonce le communiqué, estimant que "l'État s'est dégagé, en grande partie, des dispositifs calamités, pour les faire porter soit par l'Europe (...) soit par les agriculteurs eux-mêmes".

Les syndicats demandent "des réponses concrètes" pour "éviter une catastrophe économique" pour les éleveurs et cultivateurs affectés, listant une série de mesures à prendre selon eux à court terme au niveau européen, national ou local.

Le ministre de l'Agriculture avait déjà confirmé en août qu'un certain nombre de dispositifs nationaux seraient activés, comme le dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti (TFNB) pour les parcelles touchées par la sécheresse et report de paiement des cotisations sociales auprès des caisses de la Mutualité sociale agricole (MSA).

Dans plusieurs départements des restrictions d'eau ont été mises en place, comme le montre la carte ci-dessous.

Des restrictions d'eau sont mises en place dans plusieurs départements.
Des restrictions d'eau sont mises en place dans plusieurs départements. © BFMTV

Difficile adaptation au changement climatique

Les agriculteurs sollicitent aussi des aides au transport pour la paille et le fourrage, la mise en place accélérée de la procédure des calamités ou encore, au niveau européen, une hausse à 90% des avances sur les paiements directs des aides PAC (Politique agricole commune) contre 70 % annoncés en août par la Commission européenne.

A moyen terme, les syndicats agricoles demandent par ailleurs "des moyens spécifiques pour s'adapter au changement climatique", notamment des aides "au stockage du fourrage et du grain, pour les réserves en eau" ou encore "la sélection de nouvelles variétés plus résistantes".

Des revendications similaires avaient été formulées la veille au niveau national par la FNSEA et JA, qui parlaient d'"événements climatiques dramatiques" ayant touché "de très nombreux départements".

Les syndicats, qui lançaient mardi leur campagne pour les prochaines élections des chambres d'agriculture en janvier 2019, disaient vouloir "alerter les pouvoirs publics sur la nécessité de mettre en oeuvre tous les dispositifs de soutien et d'accompagnement des agriculteurs" affectés.

D. N. avec AFP et Julien Migaud Muller