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Climat: sans effort supplémentaire, le réchauffement devrait atteindre les +2,7°C

Des gaz à effet de serre - Image d'illustration

Des gaz à effet de serre - Image d'illustration - Yuri KADOBNOV © 2019 AFP

Les Nations unies estiment que les engagements doivent être sept fois plus ambitieux qu'actuellement afin de tenir les promesses de l'Accord de Paris.

Il faut agir plus vite, et plus fort. À quelques jours du début de la COP26 à Glasgow, un ultime rapport de l'ONU tire le signal d'alarme quant à la situation climatique actuelle. Selon ce document publié ce mardi, les engagements de réduction d'émissions de gaz à effet de serre devraient être plus de sept fois plus ambitieux que ceux actuels pour espérer limiter le réchauffement à +1,5°C.

Pire, comme l'avance le Guardian à la lecture du rapport, le monde est actuellement en train de gâcher l'une de ses dernières occasions de "mieux reconstruire", et ainsi faire baisser les émissions de gaz à effet de serre.

"Vers une catastrophe climatique"

Les premières "contributions déterminées au niveau national" (NDC) des quelque 200 signataires de l'Accord de Paris menaient la planète vers un réchauffement de +3 ou 4°C. Avec les nouvelles NDC déposées par 143 pays et les promesses pas encore formalisées d'économies majeures comme la Chine pour 2030, le monde se dirige désormais vers un réchauffement d'au moins +2,7°C.

Les nouvelles promesses "réduisent les projections d'émissions pour 2030 de 7,5%, alors que (une baisse de) 30% serait nécessaire pour +2°C et 55% pour 1,5°C", résume le rapport.

"Nous nous dirigeons toujours vers une catastrophe climatique", a insisté le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, remettant en cause un modèle basé sur les énergies fossiles qu'il considère comme l'"arrêt de mort" des économies et notre planète.

Des engagements pas toujours tenus

En plus des NDC, qui détaillent les objectifs à court terme, 49 Etats représentant 57% des émissions mondiales se sont également officiellement engagés à la neutralité carbone pour le milieu du siècle (une majorité pour 2050, quelques uns pour 2060 ou 2045). Ces engagements permettraient de raboter un demi degré supplémentaire et donc d'arriver à +2,2°C, note le rapport.

Mais les chercheurs mettent en garde contre les risques de largement dépasser ces prévisions. Le doute est en effet permis. D'abord, ces prévisions partent de l'hypothèse que les engagements seront bien tenus, alors qu'un certain nombre de précédents engagements ne sont toujours pas atteints. Quant aux stratégies vers la neutralité carbone, elles sont "ambiguës, vagues et pas cohérentes".

Et d'autres signaux sont inquiétants. Après la baisse des émissions de 5,4% en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19, on devrait observer un rebond important en 2021 et les Etats n'ont pas saisi l'occasion des plans de relance pour accélérer la transition verte, avec seulement 17 à 19% de ces investissements susceptibles de réduire les émissions, souligne le rapport.

Un risque de dépasser les 3°C

En outre, les prévisions des scientifiques reposent sur des probabilités. Le rapport estime ainsi qu'il y a 66% de chances de ne pas dépasser +2,2°C. Mais dans ce même scénario, il existe "plus de 15% de probabilité que le réchauffement dépasse +2,5°C d'ici la fin du siècle et un petit peu moins de 5% qu'il dépasse +3°C".

"C'est effrayant, cela souligne encore plus le besoin d'aller aussi bas que possible", indique à l'AFP Anne Ohloff, un des auteurs du rapport.

D'autant que chaque fraction de degré de réchauffement compte, multipliant les catastrophes climatiques, des canicules aux inondations, qui ravagent déjà la planète avec environ +1,1°C depuis l'ère pré-industrielle.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV