BFM Business

1 million de voitures électriques en 2021? L’impressionnant boom des ventes en Europe

Depuis le début de l’année 2021, encore marquée par la crise sanitaire, il s’est déjà vendu plus de voitures 100% électriques en Europe qu’en 2019, dernier exercice pré-covid. Le cap du million d'exemplaires écoulés devrait être franchi cette année.

355.000, c’est le nombre de voitures 100% électriques vendues depuis le début de l’année en Europe. Un chiffre qui dépasse déjà celui d'un millier celui enregistré sur l’ensemble de 2019.

La forte progression des ventes de ces voitures "zéro émission" se confirme donc, malgré un marché des voitures neuves encore perturbé par la crise sanitaire, à laquelle s'ajoute, pour le secteur automobile en particulier, la pénurie de semi-conducteurs.

Plus d'un million de ventes en 2021?

Autre chiffres intéressants mis en avant par Schmidt Automotive Research, l'évolution de la part de marché de l'électrique sur les ventes totales: en 2019, dernière année pré-covid, les 354.000 unités représentaient seulement 2.5% du total des ventes de voitures neuves en Europe (pays membres de l'UE, Royaume-Uni, Norvège, Suisse et Islande).

En 2020, on est passé à 728.000 ventes, et surtout une part de marché qui atteint un niveau historique de 6.5%. Mais l'année reste perturbée par le covid, qui a entraîné une chute des ventes de voitures neuves de 24,3% en Europe. Si on applique cette part de marché de 6.5% au total des ventes 2019, les immatriculations de voitures électriques auraient dépassé le million d'exemplaires.

Mais cela pourrait être le cas en 2021, dans un contexte où le marché retrouve une certaine vigueur et si l'évolution positive de la gestion de crise sanitaire se confirme. D'après les prévisions de Schmidt Automotive Research, la part de marché des voitures 100% électriques atteindrait cette année 8.5%, ce qui sur un total des ventes de véhicules neufs attendus à 12,3 millions d'unités, fait bien franchir cette barre symbolique du million.

De plus en plus de modèles

Plusieurs explications à ce phénomène. Tout d'abord l'explosion de l'offre ces derniers mois, avec des normes d'émissions de CO2 de plus en plus sévères, les constructeurs doivent vendre des voitures 100% électriques pour éviter des sanctions.

Du duo Porsche Taycan/Audi e-tron GT au SUV Skoda Enyaq, en passant par les Volkswagen ID.3 et ID.4, le groupe Volkswagen cumule par exemple 10 lancements récents et à venir.

Stellantis (ex-PSA, FCA) n'est pas en reste, avec en particulier la Peugeot e-208, qui se place depuis le début de l'année sur la troisième marche du podium français avec la Tesla Model 3 et la Renault Zoé, et la version 100% électrique de la nouvelle Fiat 500.

Du côté du groupe Renault, l'électrique se conjugue plutôt au futur avec notamment le projet industriel ElectriCity dans le nord de la France, et sa coentreprise dans le véhicule à hydrogène. Mais le lancement de la Dacia Spring, la voiture électrique la moins chère du marché, pourrait bien booster ses ventes à côté de la Zoé.

Des aides à l'achat généreuses

Des exemples qui illustrent le foisonnement de l'offre actuellement, et une demande encouragée par des aides généreuses. En France, on peut citer la prime à la conversion mais surtout le bonus écologique sans conditions de ressource. Ce dernier est passé à 7000 euros dans le cadre du plan de soutien à l'automobile annoncé juste avant l'été 2020.

La baisse dégressive de ce bonus, qui passera à 6000 euros le 1er juillet prochain, et à 5000, le 1er janvier 2022, devrait continuer à encourager les Français qui souhaitent se convertir à l'électrique à passer à l'acte. D'autant que, dans le même temps, le malus grimpe, avec des plafonds qui explosent et des seuils de déclenchement de plus en plus bas, le niveau d'émissions de C02 à partir duquel on doit payer un malus à l'achat.

Des villes qui se ferment aux voitures thermiques

Autre facteur qui favorise actuellement les ventes d'électriques en France: la mise en place des zones à faibles émissions (ZFE) dans la plupart des plus grandes villes de France. A la clé, des millions de véhicules vont progressivement être interdits d'y circuler en permanence avec le système des vignettes Crit'Air, ou ponctuellement lors des pics de pollution. A Paris, il sera par exemple interdit de circuler en voiture diesel à partir de 2024 et avec une voiture essence en 2030.

https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet Journaliste BFM Auto