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Semi-conducteurs: le coût pour le secteur automobile est en train d'exploser

La non reconduction en juin d'un contrat avec le groupe américain Atmel pour la production de tranches de silicium met en grande difficulté l'usine de semi-conducteurs LFoundry de Rousset. Les 700 salariés craignent que la baisse d'activité du site ne déb

La non reconduction en juin d'un contrat avec le groupe américain Atmel pour la production de tranches de silicium met en grande difficulté l'usine de semi-conducteurs LFoundry de Rousset. Les 700 salariés craignent que la baisse d'activité du site ne déb - -

Selon une étude de AlixPartners, le coût en revenus de production est évalué à 110 milliards de dollars cette année contre 61 milliards estimés en janvier.

La situation reste tendue pour le secteur automobile qui fait face à une pénurie historique de semi-conducteurs. Une pénurie qui entraîne des arrêts provisoires de la production chez de nombreux constructeurs comme Stellantis (ex-PSA).

Le coût pour la filière s'envole semaine après semaine. Ainsi, selon une étude de AlixPartners, le coût en revenus de production est désormais évalué à 110 milliards de dollars cette année contre 61 milliards estimés en janvier. Soit un quasi-doublement en 4 mois.

Au total, le cabinet prévoit que 3,9 millions de véhicules qui auraient dû être produits en 2021 ne le seront pas du fait de la pénurie.

3,9 millions de véhicules en moins

"La crise des puces induite par la pandémie a été exacerbée par des événements qui ne sont normalement que des accidents de parcours pour l'industrie automobile, tels qu'un incendie dans une importante usine de fabrication de puces, des intempéries au Texas et une sécheresse à Taïwan", explique Laurent Petizon, Managing Director en charge de l'automobile au sein du bureau parisien d’AlixPartners. "Mais tous ces événements sont aujourd'hui des problèmes majeurs pour l'industrie".

"La priorité absolue pour les constructeurs à l'heure actuelle est d'atténuer au mieux les effets à court terme de cette perturbation, ce qui peut aller de la renégociation des contrats à la gestion des attentes des prêteurs et des investisseurs. L'important est d'être proactif et d'être bien équipé avec de bonnes informations et analyses", poursuit l'expert.

Même si les fondeurs ont renforcé leurs capacités à travers d'importants investissements, et que certains constructeurs comme Toyota ont mis en place une stratégie pour pallier la défaillance de ses fournisseurs, les tensions vont encore durer un moment comme l'expliquait sur le plateau de Good Morning Business, Jean-Marc Chéry, Président du Directoire et Directeur Général de STMicroelectronics.

Retour à la normale pas avant 2022

"Nous pensons que la situation va rester extrêmement tendue jusqu'à la fin de l'année et ensuite ça devrait commencer à se réguler premier et deuxième trimestre 2022 et la queue de difficultés fin 2022", indique le dirigeant.

Et de mettre en avant le manque d'usines sur la planète. "Le nombre d'usines de la classe de celles qui supportent le marché automobile est limité. Pour construire une usine, il faut deux ans et pour la montée en cadence, il en faut deux autres. Donc entre le moment où vous décidez l'investissement et le moment où l'usine tourne à plein, il faut entre 48 et 60 mois", souligne Jean-Marc Chéry.

Et cette problématique n'est pas prête de disparaître compte tenu de l'évolution technologique des véhicules qui seront produits dans les prochaines années.

"Il y a jusqu'à 1400 puces dans un véhicule standard aujourd'hui, et ce nombre ne fera qu'augmenter à mesure que l'industrie poursuit sa marche vers les véhicules électriques, les véhicules de plus en plus connectés et, à terme, les véhicules autonomes. Il s'agit donc d'une question essentielle pour le secteur", souligne Laurent Petizon.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business