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Pourquoi la pénurie de semi-conducteurs dans l'automobile va encore durer

Sur BFM Business, Jean-Marc Chéry, Président du Directoire et Directeur Général de STMicroelectronics dresse le calendrier d'un retour à la normale.

L'industrie automobile reste encore pénalisée par la pénurie de semi-conducteurs sur la planète. Stellantis (ex-PSA) a ainsi indiqué le 5 mai dernier que cette pénurie a empêché de produire 190.000 véhicules au premier trimestre. Et ce n'est qu'un exemple parmis d'autres.

Même si les fondeurs ont renforcé leurs capacités à travers d'importants investissements, les tensions vont encore durer un moment comme l'explique ce mardi sur le plateau de Good Morning Business, Jean-Marc Chéry, Président du Directoire et Directeur Général de STMicroelectronics.

"Nous pensons que la situation va rester extrêmement tendue jusqu'à la fin de l'année et ensuite ça devrait commencer à se réguler premier et deuxième trimestre 2022 et la queue de difficultés fin 2022", indique le dirigeant.

De 48 à 60 mois pour une usine neuve

Surtout, la problématique n'est pas seulement financière. "Il y a deux effets: d'abord les temps d'approvisionnement des nouveaux équipements et ensuite la limitation du nombre d'usines dans le monde. Le nombre d'usines de la classe de celles qui supportent le marché automobile est limité. Pour construire une usine, il faut deux ans et pour la montée en cadence, il en faut deux autres. Donc entre le moment où vous décidez l'investissement et le moment où l'usine tourne à plein, il faut entre 48 et 60 mois", souligne Jean-Marc Chéry.

Cette situation permet néanmoins aux acteurs du secteur d'augmenter leurs prix et donc leurs bénéfices. Mais le président du directoire conteste la recherche d'un effet d'aubaine.

"Nous mêmes, nous subissons une inflation de nos matières d'approvisionnement donc au prorata de la productivité qu'on sait améliorer, on en passe une partie à nos clients. Et ensuite, c'est le modèle d'investissement, il y a une partie de l'investissement sur lequel on demande de nous supporter. Oui, on a augmenté nos prix de manière adéquate en moyenne mais surtout pas avec un effet d'aubaine", explique Jean-Marc Chéry. Et de rappeler que STM a fait passé ses investissements mondiaux de 1,5 à 2 milliards d'euros.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business