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Salon du Livre 2019: les BD à ne pas manquer

Boule de feu.

Boule de feu. - Editions 2024.

Humour, fantasy, horreur, récit initiatique… A l’occasion du Salon du livre, qui ouvre ses portes ce vendredi 15 mars, voici une sélection des BD à ne pas manquer.

Le Salon du Livre 2019 ouvre ses portes ce vendredi. L'occasion idéale pour revenir sur les BD récentes à ne pas manquer. Humour, fantasy, horreur, récit initiatique… demandez le programme. 

Les Montagnes hallucinées

Existe-t-il un écrivain qui a plus influencé le 9e Art que H.P Lovecraft? Modèle de Joann Sfar (Petit Vampire) et Mike Mignola (Hellboy), le maître de l’horreur a régulièrement été adapté en BD, notamment pour le challenge qu’il représente: romancier de l’indicible, il aime décrire des créatures étrangères "à l’homme ou à son imagination". Après l’Argentin Alberto Breccia et le Français François Baranger, c’est au tour du Japonais Gou Tanabe de s’y frotter avec Les Montagnes hallucinées. Si son trait est plus réaliste que celui de ses prédécesseurs, le mangaka livre une adaptation aussi fidèle que troublante, truffée de visions cauchemardesques. Avec un simple coup de crayon, il crée des images inoubliables qui risquent bien de rendre fou le lecteur s’il les fixe trop longtemps.

Les Montagnes hallucinées, Gou Tanabe, Ki-oon, 15 euros.

Les Montagnes hallucinées
Les Montagnes hallucinées © Ki-oon

Saint Rose

Auteur à l’univers fantasmagorique, Hugues Micol publie Saint Rose, un récit pop où le dessinateur marche à la fois sur les traces de son idole Jack Kirby, le co-créateur de Captain America, et des Italiens Pirandello et Buzzelli, deux auteurs du XXe siècle passés maîtres dans l’art de raconter les turpitudes des personnages de fiction. Récit d’aventures d’un auteur de BD à la recherche du dessin ultime, Saint Rose met en scène une foule de personnages loufoques tout en proposant une réflexion sur la condition d’auteur dans un monde qui ne croit plus en l’aventure: "Je suis un auteur, travailleur indépendant dans un monde du livre en crise… Je sais ce que c’est l’aventure, croyez-moi", grommelle Micol, devenu héros de sa propre BD.

Saint Rose, Hugues Micol (scénario et dessin), Isabelle Merlet (couleurs), Futuropolis, 16 euros.

Saint Rose de Hugues Micol.
Saint Rose de Hugues Micol. © Futuropolis

Boule de feu

Oubliez Le Seigneur des Anneaux ou Game of Thrones. Avec Boule de feu, Anouk Ricard et Étienne Chaize dynamitent l’héroïc-fantasy et ses personnages de guerriers valeureux. Envoyé sur Terre pour trouver le Sage Patrix, seul capable d’alimenter la Boule de Feu et d’empêcher l’invasion des Maruflans, le débonnaire Fernando se lance dans une quête qui le conduit à rencontrer une frite qui parle, à affronter une terrible reine et à survivre à une écartèlement. Réalisés dans un style faussement enfantin, les personnages se promènent dans des décors photos-réalistes surréalistes et incongrus. Le tout saupoudré d’un mauvais esprit réjouissant et d’un humour absurde situé quelque part entre Les Nuls, Mel Brooks et les Monty Python.

Boule de feu, Anouk Ricard et Étienne Chaize, éditions 2024, 24,50 euros.

Boule de feu.
Boule de feu. © éditions 2024

Lily a des nénés

L’Ouest français, terre d’élection des récits d’initiation? Après l’Île-aux-Moines dans Ma sœur de Bastien Vivès et la Normandie fantasmée de Momo de Jonathan Garnier et Rony Hotin, les éditions Casterman investissent le petit village de Portsall, situé dans le nord-ouest du Finistère, avec Lily a des nénés. Imaginé par le dessinateur Geoff, ce conte destiné à tous les âges raconte la découverte, chez Lily, de son corps de femme. S’appuyant sur une mise en couleur au pastel gras, l’auteur retranscrit à la fois le désespoir des amours enfantines, la violence et la solitude de l’adolescence, ainsi que les rivalités stériles qui dissimulent souvent un profond mal-être. Un second tome est prévu pour la fin de l’année.

Lily a des nénés, Geoff, Casterman, 14 euros.

Lily a des nénés
Lily a des nénés © Casterman

La Lanterne de Nyx

Après Le Dernier envol du papillon et Tokyo, amour et libertés, la dessinatrice japonaise Kan Takahama raconte une nouvelle fois dans La Lanterne de Nyx la découverte du monde occidental par les Japonais. Cette série en six volumes se déroule en 1878, en pleine ère Meiji, alors que l’archipel s’ouvre au monde. L’intrigue suit Miyo, une jeune femme dotée d’un pouvoir étrange: celui de voir les propriétaires passés et présents d’un objet en le touchant. Embauchée chez un marchand d’objets importés d’Europe, elle découvre un nouvel art de vivre et d’étonnants secrets. Une plongée ludique dans l’Histoire du XIXème siècle à l’occasion du 160e anniversaire des relations franco-japonaises.

La Lanterne de Nyx, Kan Takahama, Glénat, 10,75 euros.

La Lanterne de Nyx et Magus of the Library.
La Lanterne de Nyx et Magus of the Library. © Glénat / Ki-oon

Magus of the Library

Dans un pays fictif d’inspiration orientale, Shio, un jeune garçon aux oreilles pointues, est tourmenté par ses pairs. Il trouve le réconfort dans la lecture, espérant un jour partir pour la capitale où toutes les connaissances du monde sont rassemblées dans la bibliothèque centrale. L’arrivée dans sa ville des envoyées de cette institution marque pour lui le début d’une grande aventure. Imaginé par la dessinatrice Mitsu Izumi, Magus of the Library est une ode à l’objet livre: "Je suis tellement habitué à voir des livres que je ne m’étais jamais posé de question sur leur histoire", s’exclame Shio en découvrant que les bibliothèques ne sont pas uniquement des lieux de savoir, mais surtout ce qu’il y a de plus précieux au monde.

Magus of the Library, Mitsu Izumi, Ki-oon, 7,90 euros.

Coyote Doggirl

Productrice et responsable du design de la série Netflix Bojack Horseman, Lisa Hanawat publie sa première BD, un western animalier et loufoque qui inverse les codes du traditionnel récit de vengeance. Blessée et laissée pour morte, Coyote Doggirl est recueillie par un clan de loups avant de retrouver goût à la vie et de pourchasser les hommes qui lui ont fait du mal. Les fans de Bojack Horseman retrouveront derrière le trait faussement enfantin et les couleurs criardes l’humour féroce et l’ironie de la célèbre série.

Coyote Doggirl, Lisa Hanawat, Gallimard, 21 euros.

Coyote Doggirl
Coyote Doggirl © Gallimard

Marry Grave

Mêlez l’univers gothique et romantique des Noces funèbres de Tim Burton au monde zombiesque de The Walking Dead et vous obtiendrez Marry Grave, nouveau manga de Hidenori Yamaji. Hésitant entre fantasy, horreur et comédie, ce sombre conte suit un étrange voyageur, Sawyer Raizeman, qui porte sur le dos le cercueil de son épouse défunte. Être immortel, il est à la recherche des ingrédients nécessaires pour réaliser la recette qui lui permettra de la ressusciter. Avant d’y parvenir, il aura de nombreux obstacles à surmonter.

Marry Grave, Kana, 5,45 euros (prix de lancement, puis 6,85 euros). Sortie le 15 mars.

Marry Grave
Marry Grave © Kana

Saccage

Tout est parti d’un visage, celui d’un homme rencontré dans un train. Puis, de l’envie, "confuse", de l’auteur suisse Frederick Peeters "de dessiner ou raconter ce qui [lui] apparaît [...] de plus en plus nettement comme la grande destruction du monde" et de dessiner un récit "totalement muet, psychédélique et abstrait". L’homme du train, sous la plume de Peeters, est devenu un être mutique et jaune, "à mi-chemin entre un promeneur romantique et un messie de l’apocalypse".

Sur presque 90 pages, Peeters a imaginé autant d’images aussi belles que troublantes de la fin du monde dans lesquelles le lecteur peut se perdre et inventer sa propre histoire tant chaque case, tel un tableau, semble contenir mille histoires. Derrière l’onirisme de ces images, se dissimule aussi dans Saccage une féroce critique des dérives de notre société contemporaine, des maltraitances animales au réchauffement climatique.

Saccage, Frederick Peeters, Atrabile, 23 euros. Sortie le 15 mars.

Saccage de Frederick Peeters
Saccage de Frederick Peeters © Atrabile
Jérôme Lachasse