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Paris: la bibliothèque féministe Marguerite-Durand menacée

Capture d'écran Google Maps

Capture d'écran Google Maps - Bibliothèque Marguerite-Durand

Le projet de déménagement de cette bibliothèque située dans le 13e arrondissement de Paris est décrié.

Tout a commencé avec un texte posté, le 28 juillet dernier, sur le blog du Syndicat CGT Culture. Intitulé "Paris: les archives du féminisme doivent débarrasser le plancher", celui-ci dénonce le projet de la Mairie de Paris de déménager la bibliothèque Marguerite-Durand, spécialisée dans le féminisme.

Installée depuis 1989 rue Nationale, dans le 13e arrondissement de Paris, dans le même espace que la médiathèque Jean-Pierre-Melville, la bibliothèque Marguerite-Durand rejoindra la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, dans le Marais. Mais les bureaux sont trop petits pour contenir les sept personnes travaillant aujourd'hui à Marguerite-Durand.

Quant aux milliers de documents réunis depuis sa création, ils iront dans un entrepôt en banlieue. "A condition d’en trouver un", ironise le blog Syndicat CGT Culture. "Et pour les chercheurs et universitaires obstinés qui voudraient quand même les consulter, il faudrait en faire la demande au moins deux jours à l’avance... C’est ce que l’on appelle sûrement un progrès puisque, dans le quartier de Tolbiac, elles étaient à la disposition permanente des usagers."

Menace de fermeture

La raison de cette délocalisation? Des travaux de réaménagement de la médiathèque Jean-Pierre-Melville. L'espace fermera à partir de juin 2018 pour 18 mois. Un "espace détente" devrait remplacer les archives de l'histoire des femmes et du féminisme.

Interrogé par BuzzFeed News, Bertrand Pieri, de la CGT des bibliothèques parisiennes, craint que Marguerite-Durand ne perde son identité et, à terme, ferme: "Le projet fait que, à terme, le fond de la BMD va mourir de sa belle mort, en étant absorbé. Cela va faire que les gens ne viendront plus".

La Mairie de Paris affirme pourtant vouloir tout faire pour sauver la bibliothèque. Selon Bruno Julliard, premier adjoint à la maire en charge de la culture, cité par L'Obs "il n'est pas question de la fermer. Plusieurs points restent pourtant flous, comme l'a expliqué également à L'Obs Christine Bard, historienne spécialiste de l'histoire des femmes: "Nous n'avons aucune garantie sur beaucoup de sujets, notamment le personnel, l'avenir du poste de conservatrice, qui prend sa retraite".

Elle ajoute: "C'est très grave car il s'agit de notre patrimoine. Il existe tellement peu de lieux de mémoire et de recherche liés au féminisme... On ne supportera pas sa disparition". Selon l'historienne, un comité de défense réunissant des chercheurs, des associations et des syndicats, va se mettre en place. Et un avocat sera contacté.

Jérôme Lachasse