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"On a besoin du soutien de tous": l'appel à l'aide des bouquinistes parisiens

Sur BFM Paris, le président de l'Association culturelle des bouquinistes de la capitale a souligné la situation précaire des professionnels de ce secteur et a appelé les Parisiens à soutenir ces vendeurs de livres.

Depuis le début de la crise sanitaire, plusieurs librairies emblématiques de Paris, à l'image de Boulinier, ont annoncé leur fermeture. Sur les quais de la Seine, le confinement n'a pas non plus épargné les bouquinistes qui accusent aujourd'hui une lourde diminution de leur activité, jugée "minimaliste" par Jérôme Callais, président de l'Association culturelle des bouquinistes de Paris.

"On n'a plus de touristes étrangers, plus de provinciaux. Et les Franciliens, ils ne vont pas venir pour nos beaux yeux, prendre le métro et risquer d'attraper le coronavirus", a-t-il déclaré ce vendredi à BFM Paris. On n'a que les riverains qui viennent nous voir."

Jérôme Callais explique ainsi que, "découragés", la plupart de ses collègues n'ouvrent même plus leurs étales. "Ceux qui ouvrent le font le week-end, quand le temps le permet."

"Entre zéro et dix euros par jour"

Dépourvus de clients, les bouquinistes enregistrent donc selon Jérôme Callais des chiffre d'affaires "dérisoires".

"Ça ne justifie pas d'être venu lorsque vous faites entre zéro et dix euros dans la journée. C'est symbolique, on vient pour marquer notre présence", explique le président de l'Association culturelle des bouquinistes de Paris. "Pour rappeler qu'on est là, qu'on essaye d'animer les quais, mais c'est difficile."

Une crise qui intervient après plusieurs crises sociales, comme le mouvement des gilets jaunes et les grèves, qui ont elles aussi eu un impact sur l'activité des bouquinistes parisiens. "D'année en année, ça devient plus difficile, plus laborieux, et on n'avait pas besoin du Covid, c'est la cerise sur le gâteau", déplore Jérôme Callais.

"On n'est pas des gros faiseurs d'argent, ajoute-t-il. C'est un métier de passion, de partage, d'échange. Mais on est comme tous le monde: on a besoin de se loger, se nourrir, de se vêtir."

"On a besoin du soutien de tous", assure-t-il, précisant que tout comme les autres commerces, les bouquinistes respectent eux aussi les mesures sanitaires liées au coronavirus.

Juliette Mitoyen