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L'écrivain Salman Rushdie poignardé sur scène lors d'une conférence

Les faits se sont déroulés ce vendredi à l’institut Chautauqua, où le romancier devait livrer un discours. Il a été pris en charge et son assaillant a été appréhendé.

L'écrivain britannique Salman Rushdie, qui vit sous protection policière depuis la fatwa lancée en 1988 pour son roman Les Versets sataniques, a été victime ce vendredi d'une attaque lors d'un événement organisé dans l'État de New York, rapporte AP.

Selon un journaliste d'AP, un homme a brusquement surgi sur la scène pour attaquer avec un poignard Salman Rushdie à son arrivée. Ce dernier, un jeune homme de 24 ans originaire du New Jersey, selon la police américaine.

L'écrivain hospitalisé et opéré

On ignore dans quel état de santé se trouve l'écrivain, qui souffre d'une blessure au cou. Dans la soirée, son agent Andrew Wylie a fait savoir à Reuters qu'il était en train de se faire opérer, sans donner plus d'informations sur son état de santé. La personne qui devait donner la parole à l'écrivain a été également été "blessée légèrement à la tête", selon la police.

Les faits se sont déroulés à l’institut Chautauqua, au nord de l'État de New York, où le romancier devait livrer un discours. Il a aussitôt été pris en charge, tandis que son assaillant a été appréhendé. L'amphithéâtre où devait avoir lieu la rencontre a été évacué par mesure de sécurité. Des images vidéo diffusées sur les réseaux sociaux montrent des spectateurs de l'amphitéâtre se précipiter sur l'estrade pour porter secours à quelqu'un qu'on aperçoit au sol, entouré de plusieurs personnes.

Chautauqua Institution, un centre culturel, a précisé dans un communiqué qu'elle se "coordonnait avec les forces de l'ordre et les secours pour répondre au public après l'attaque d'aujourd'hui contre Salman Rushdie".

Symbole de la lutte contre l'obscurantisme religieux

Salman Rushdie, né en 1947 à Bombay en Inde, deux mois avant son indépendance de l'Empire britannique, essaie de ne pas être réduit au scandale provoqué par la publication des Versets sataniques, qui avait embrasé le monde musulman et conduit en 1989 à une "fatwa" demandant son assassinat.

"Mon problème, c'est que les gens continuent de me percevoir sous l'unique prisme de la 'fatwa'", avait dit il y a quelques années ce libre-penseur qui se veut écrivain, pas symbole.

Mais l'actualité - la montée en puissance de l'islam radical - n'a cessé de le ramener à ce qu'il a toujours été aux yeux de l'Occident: le symbole de la lutte contre l'obscurantisme religieux et pour la liberté d'expression. Déjà en 2005, il considérait que cette "fatwa" avait constitué un prélude aux attentats du 11 septembre 2001.

Vivre dans la clandestinité

Contraint dès lors de vivre dans la clandestinité et sous protection policière, allant de cache en cache, il se fait appeler Joseph Anton, en hommage à ses auteurs favoris, Joseph Conrad et Anton Tchekhov. Il doit affronter une immense solitude, accrue encore par la rupture avec sa femme, la romancière américaine Marianne Wiggins, à qui Les Versets sataniques sont dédiés.

Installé à New York depuis quelques années, Salman Rushdie - sourcils arqués, paupières lourdes, crâne dégarni, lunettes et barbe - avait repris une vie à peu près normale tout en continuant de défendre, dans ses livres, la satire et l'irrévérence.

https://twitter.com/J_Lachasse Jérôme Lachasse avec AFP Journaliste BFMTV