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Timbo, petit rhinocéros blanc né le jour où celui de Thoiry a été tué

Le petit Timbo, en pleine forme, le 14 mars avec sa maman.

Le petit Timbo, en pleine forme, le 14 mars avec sa maman. - Handout / AMNEVILLE ZOO / AFP

Le petit rhinocéros est né le 7 mars dernier au zoo d'Amnéville, le jour même où Vince, 5 ans, a été massacré dans le parc de Thoiry.

"Timbo a fait ses premières sorties avec sa maman, il a la pêche", commente auprès de BFMTV.com Hervé Santerre, directeur zoologique du zoo d'Amnéville, en Moselle. Coïncidence, le rhinocéros blanc est né le 7 mars 2017, soit le jour où Vince, un spécimen de 5 ans, a été abattu et décorné de nuit dans son enclos du parc de Thoiry, dans les Yvelines. Un acte de braconnage inédit qui a quelque peu assombri la célébration de la naissance de Timbo.

Timbo est le troisième rhinocéros blanc né à Amnéville au cours de ces deux dernières années. "Dès le début, nous avons mis l'accent sur la reproduction, avec deux grandes plaines et deux grands bâtiments. Les animaux que nous avons eus jeunes sont arrivés à maturité, ce qui explique le boom démographique", s'enthousiasme le responsable.

Dès 2011, la sécurité du zoo avait été renforcée par l'installation d'alarmes, de caméras et par une augmentation des rondes de nuit. "Nous avons salarié quatre surveillants", explique Hervé Santerre. Si le zoo avait d'abord fait appel à des sociétés extérieures, les spécificités de cette "surveillance d'êtres vivants et non de bâtiments" ont conduit à privilégier cette solution en interne nécessitant une "formation" sur site. Car contrairement aux missions plus classiques, il n'est pas ici permis "d'employer des chiens" qui pourraient gêner les pensionnaires du zoo, "ni d'éclairer certains enclos qui doivent rester dans le noir". A ces contraintes s'ajoute celle de la superficie du lieu, soit 18 hectares à couvrir.

"Autant manger ses cheveux"

Pour revenir au "drame de Thoiry", le directeur zoologique dénonce cette "supercherie" qui a conduit les malfaiteurs à commettre cet acte, à savoir que la corne de rhinocéros n'est évidemment pas aphrodisiaque. En effet il s'agit ni plus ni moins de kératine, autrement dit la même matière que celle des cheveux et des ongles. "Autant manger ses cheveux", dénonce Hervé Santerre.

Mais les superstitions ont la vie dure. Une corne telle que celle volée à Thoiry peut se revendre jusqu'à "45.000 euros le kilo" et comme "certains rhinocéros portent jusqu'à 3 kilos de corne, le calcul des malfrats est vite fait". Entre 2012 et 2017, la population de rhinocéros est passée de "33.000 individus à 20.000", déplore aussi Hervé Santerre. Première cause de l'hécatombe, le braconnage encore et toujours, avec l'utilisation de moyens de plus en plus sophistiqués, comme l'hélicoptère.

David Namias