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Sous la pression des consommateurs, une enseigne retire de la vente une "lampe-poisson"

Le luminaire Betta Projector était vendu, entre autres, par Bricomarché avec un poisson vivant de type combattant. L'enseigne l'a retiré de la vente après qu'une cliente d'un magasin de Loire-Atlantique a dénoncé sur Facebook un acte de maltraitance animale.

Mettre un poisson dans un bocal et l'éclairer à l'aide d'un éclairage LED pour projeter son ombre sur fond rouge, vert ou bleu, dans la pièce.

Par delà la pertinence esthétique de l'objet, une lampe en forme mini aquarium de 1,8 litre et de 15 cm de large sur 21 de hauteur, le traitement réservé à ces animaux a suscité l'ire d'une cliente qui s'en est ouverte sur Facebook.

Tout est parti de l'étonnement de la jeune femme lorsqu'elle s'est retrouvée face à cet article qu'elle a trouvé "glauque".

"Le concept du poisson-lampe de chevet m'a choquée. Mais c'est aussi la taille du contenant. Ces bocaux étaient à peine plus haut qu'un paquet de clopes", a-t-elle raconté à BFMTV.com.

"Beaucoup de gens se laissent embobiner"

Interloquée, Sawah Bens s'est lancée dans des recherches de plusieurs heures où elle a pris la mesure de "la barbarie" que représentent de tels objets.

Au-delà de l'article lui-même, elle s'est indignée "des arguments utilisés par ceux qui entretiennent ce business".

"Ils expliquent que ces poissons combattants peuvent vivre dans une flaque d'eau, mais c'est totalement faux. Il suffit de faire quelques recherches pour s'en rendre compte. Malheureusement, beaucoup de gens se laissent embobiner", explique-t-elle.

D'ailleurs, un spécialiste de l'aquariophilie l'a précisé au Parisien : le combattant nécessite un aquarium d'au minimum 10 à 15 litres pour être à l'aise dans son environnement. La contenance du luminaire est donc tout à fait insuffisante, contrairement aux affirmations de certaines enseignes. Et la lumière bleue favorise la prolifération d'algues néfastes à la propreté du récipient.

Une coup de gueule viral et une victoire

Sawah Bens a donc décidé de prévenir ses amis via un post qu'elle a publié ce week-end sur Facebook. Et puis, tout s'est emballé, son coup de gueule a été partagé plus de 12.000 fois sur le réseau social.

La publication de la jeune femme a fait réagir de nombreux internautes. Face à l'avalanche de commentaires négatifs, l'enseigne du Groupement des Mousquetaires a finalement décidé de retirer le Betta Projector de la marque Tetra de la vente.

Puis Bricomarché a répondu directement à l'auteur du post, expliquant notamment que "comme pour vous, la protection des animaux nous tient à cœur (...)."

Une goutte d'eau dans la mer

Sawah Bens a remercié les utilisateurs de Facebook pour leur mobilisation, après le retrait du produit. Si elle estime que ce retrait est une victoire, elle s'est rendu compte que Bricomarché n'était "qu'une goutte d'eau dans la mer".

Las, le Betta Projector reste proposé à la vente dans de nombreuses autres enseignes, comme à l'animalerie Truffaut, chez le spécialiste de l'aquariophilie Europrix, ou encore auprès de l'enseigne de vente en ligne Amazon, pour ne citer qu'eux.

"Mauvaise foi"

C'est donc à la source de ce produit que la jeune femme veut s'attaquer afin qu'il cesse d'être commercialisé en France. "J'ai l'impression qu'ils ne réalisent pas ce qu'ils font", déplore-t-elle.

Et puis surtout, elle regrette que la marque Tetra fasse preuve de "mauvaise foi" pour justifier la vente de ces articles.

Dans un post sur Facebook, l'entreprise a répondu aux commentaires des internautes, en continuant d'utiliser les mêmes arguments pour défendre leur produit tout en assurant que "le bien-être des poissons est au cœur de nos préoccupations".

La croisade pour la liberté des poissons combattants ne semble pas prête de se terminer.

David Namias et Marie Caroline Meijer