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Les chats seraient-ils aussi attachés que les chiens à leurs maîtres?

Une étude américaine parue fin septembre tend à montrer que les félidés pourraient éprouver des capacités d'attachement aux humains comparables à celles des chiens.

C'est une idée reçue solidement ancrée: les chats ne noueraient pas de liens d'affection avec les humains aussi solides que leurs comparses canidés, auxquels on les oppose fréquemment. Une idée reçue qui pourrait cependant être remise en cause, selon une étude américaine parue fin septembre dans la revue Current Biology, et repérée par Le Monde.

Ainsi, trois chercheurs de l'université de l'Oregon, aux États-Unis, ont tenté de mettre en évidence cette capacité pour les chats à s'attacher aux humains. Une caractéristique qui a pu être ignorée en raison du fait que "la cognition des chiens a davantage fait l'objet de l'attention scientifique au cours des dernières décennies", écrivent-ils.

Un chat moins stressé en présence de son maître

"En dépit d'études moins nombreuses, la recherche suggère que nous pourrions sous-estimer les capacités socio-cognitives des chats", assurent les chercheurs.

Pour affirmer cela, ces derniers se fondent sur une expérience menée sur 70 chats et leur maître, qui sont séparés pendant deux minutes. Au moment des retrouvailles, 64% des chats se montreraient moins stressés en présence de leur maître qu'en son absence.

Un attachement véritable et inné?

Pour autant, les scientifiques restent prudents vis-à-vis des conclusions de l'étude publiée dans Current Biology.

Pascal Corlan, vétérinaire rencontré par BFMTV, ne pense pas que l'attachement entre les hommes et les chats soit une caractéristique innée.

"Les générations de chats, à force de contacts prolongés, multipliés, quasiment permanents vis-à-vis de l'homme, ont diminué leur seuil de vigilance à l'égard de cette espèce potentiellement prédatrice pour eux", explique-t-il.

Au moment de la parution de l'article scientifique, le Guardian faisait également état de réserves au sein de la communauté scientifique.

Ainsi, selon la docteure Lauren Finka, de l'université de Notthingham Trent, "contrairement aux enfants et potentiellement aux chiens, il est moins probable que les chats aient un besoin inné de lier des liens solides avec leurs maîtres, surtout à l'âge adulte. Les signes de ce phénomène sont plus probablement ancrés dans des facteurs comme celui de la personnalité, la socialisation précoce ou notre manière de nous en occuper".

Le vétérinaire Daniel Mills, de l'université de Lincoln, également cité par le quotidien britannique, estime lui que "les chats nouent des liens émotionnels avec leurs propriétaires", mais qu'il n'est pas certain que ces liens soient ceux d'un "attachement psychologique dans l'acception normale du terme psychologique". La psyché des chats n'a pas livré tous ses secrets.

Clarisse Martin