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Dans la baie de Somme, la guerre des phoques est déclarée

Les phoques seraient entre 450 et 7000 sur les côtes sablonneuses de la Manche.

Les phoques seraient entre 450 et 7000 sur les côtes sablonneuses de la Manche. - -

C'est l'attraction touristique des lieux mais pêcheurs et défenseurs de la nature s'opposent sur la présence de phoques dans les eaux de l'estuaire de la Somme.

Comme le loup dans les Pyrénées, le phoque crée la polémique dans la baie de Somme. Les pêcheurs lui reprochent de déchirer les filets et dévorer les poissons, tandis que pour les associations de défense des animaux, les phoques doivent pouvoir rester dans leur habitat naturel.

Le phoque prolifère sur les côtes sablonneuses de la Manche depuis une vingtaine d'années. Entre 450, selon les associations écologistes, et 700 animaux, d'après les pêcheurs, vivent là.

Des poissons déchiquetés

Et ces mammifères mangent beaucoup… Entre deux et quatre kilos de poissons par phoque et par jour. Un appétit qui doit être contenté quitte à aller manger dans les filets des pêcheurs.

Pierre-George Dachicourt, pêcheur retraité en activité de complément, a l'air dépité lorsqu'il montre l'énorme trou fait par un phoque dans l'un de ses filets. "C'est le casse-croute de nos amis les phoques, sur dix poissons, ils en ont mangé sept", explique-t-il en présentant les poissons déchiquetés.

"On nous dit qu'ils ne mangent que la tête"

"Contrairement à ce que l'on nous dit: 'qu'ils ne mangent que la tête', comme vous le voyez, il ne reste pas grand-chose", poursuit-il. Ce pêcheur picard est formel: les phoques sont responsables de la raréfaction du poisson en baie de Somme.

Cette conclusion est un peu rapide pour les protecteurs des phoques. "On dit souvent que les poissons sont en diminution. Cela est principalement dû à la pollution des océans. Il y a également eu quelques problèmes de surpêche dans le secteur", répond Laëtitia Dupuis de l'association Picardie nature.

Un estuaire beaucoup plus ensablé

"Il y a aussi le phénomène de l'ensablement de la baie. Le milieu est modifié et les espèces présentes sont différentes de celles qu'on a pu observer il y a 50 ans quand l'estuaire était beaucoup moins ensablé qu'aujourd'hui", complète-t-elle.

Pour éviter que les phoques ne viennent manger les poissons des pêcheurs, les associations ont notamment suggéré de mettre un deuxième filet devant le filet principal. Mais pour l'instant, aucune proposition n'est parvenue à convaincre l'autre bord.