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Vers la libéralisation du marché des pièces détachées ?

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Regroupés au sein du collectif "Libère mon auto", consommateurs, automobilistes et professionnels de l'automobile réclament la fin du monopole des constructeurs sur les pièces détachées.

En France, seuls les constructeurs sont autorisés à fabriquer et à gérer la distribution des pièces détachées des voitures. Un premier avis provisoire publié en avril dernier par l'autorité de la concurrence estimait que le monopole des constructeurs automobiles « poussait les prix à la hausse ». L'autorité doit rendre son avis définitif à la rentrée. Bien qu'uniquement consultatif, l'avis de l'instance indépendante semble inquiéter les constructeurs automobiles qui ont déposé un recours contre l'avis provisoire de l'autorité de la concurrence en juin. Le collectif "Libère mon auto" dénonce une tentative d'intimidation.

« Le prix des pièces augmente plus vite que l'inflation »

Edouard Barreiro est directeur des études à l'UFC - Que Choisir. Selon lui, prix des pièces et monopole des distributeurs sont intimement liés : « Le premier impact direct c’est que les pièces de carrosserie ont tendance à augmenter très vite, beaucoup plus rapidement que l’inflation. D’autre part, les consommateurs ne sont pas en mesure d’utiliser des pièces dites alternatives comme dans d’autres pays européens qui sont entre 30% et 35% moins cher. Mais sur certains véhicules, on a des taux record aux alentours de 45%. Ensuite, la conséquence indirecte : plus la pièce est chère, plus l’assurance paye cher plus votre franchise d’assurance est chère ».

« Des fournisseurs qui ont trouvé la brèche »

Victor de Oliveira est garagiste, directeur du centre auto Feu Vert d'Ivry-sur-Seine. Il a trouvé le moyen d'esquiver en toute légalité cette situation de monopole : « Il y a certaines pièces qu’on n’arrivait plus à trouver hormis chez le concessionnaire. Forcément, dans ce cas-là, ils vont appliquer les tarifs qu’ils souhaitent avec 300% ou 400% de marges. Il y a des fournisseurs qui ont trouvé la brèche et qui travaillent en Belgique et en Allemagne, qui arrivent à nous fournir ces pièces-là. Aujourd’hui, on arrive à avoir 98% de toutes les pièces. On n’est donc plus tributaire des concessionnaires. La différence est de l’ordre de 30% à 50% sur le prix de la pièce. Si demain on arrive à avoir la fabrication de pièces et surtout la distribution de ces pièces-là par d’autre fournisseurs en France, ce serait parfait ».

La Rédaction avec Jean-Jacques Héry