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Société

Une veuve dénonce l'arrivée trop tardive des secours dans les villages isolés

Le 30 décembre dernier, les secours ont mis une heure trente à secourir son mari, selon une habitante de Montmeyan, dans le Var.

"Madame Saglietto, ne vous inquiétez pas, ne vous inquiétez pas, on a fait le nécessaire. Tout du long, on m'a dit qu'on avait fait le nécessaire", s'insurge Martine, habitante de Montmeyan, dans le Var. Pendant la nuit du 30 décembre, son mari suffoque et se plaint de douleurs à la poitrine. Elle appelle les secours. Au bout du fil, un médecin lui explique comment pratiquer un massage cardiaque. Las, les secours mettront, selon la version de la Montmeyannaise, une heure et demie pour parvenir à son domicile. L'homme est mort d'une crise cardiaque.

Martine dénonce cette situation intolérable pour elle et reste persuadée qu'une arrivée plus prompte des pompiers aurait permis de sauver son mari. Elle reproche au Samu d'avoir déclenché l'intervention trop tardivement.

"Délai irréaliste" selon le chef du Samu du Var

Les hôpitaux de Manosque, Brignoles et Draguignan sont distants de 45 minutes à une heure de route du village. Mais selon Larent Bécé, le chef du Samu du Var, des dispositifs d'intervention plus rapides sont prévus. "Dans le département du Var, vous n'aurez pas de premiers secours qui seront après 20 ou 30 minutes sur place, le temps de déclenchement de toutes les prises de renseignement. Avant l'heure, vous avez tous les secours sur place, assure-t-il". Selon lui, le délai d'intervention avancé par cette veuve de Montmeyan est irréaliste.

Mais elle n'en démord pas. Elle a lancé une pétition pour dénoncer l'insuffisance de secours trop éloignés selon elle de Montmeyan. Depuis le drame, un défibrillateur a été installé près de la mairie.

Les maires ruraux, comme le rapportait La Dépêche pour le cas du département du Gers, s'inquiètent d'un maillage insuffisant des dispositifs d'urgence. En l'espèce, il s'agissait du transfert au CHU de Toulouse-Purpan des cas auparavant traités à Auch. Encore, dans un article du Dauphiné.com, les pompiers eux-mêmes s'inquiétaient d'une réduction de leurs moyens, la fermeture de casernes et donc des délais plus longs pour venir aux victimes d'accidents domestiques. Combiné au problème des déserts médicaux, ces difficultés des premiers secours ne mettent pas les ruraux dans des conditions optimales de soin et d'assistance.

D. N. avec Anne-Sophie Warmont et Perrine Baglan