BFMTV

"C'est un coup dur": le maire de Fessenheim déplore la fermeture de la centrale

Claude Brender estime que le démantèlement de la doyenne des centrales nucléaires française sera lourdement préjudiciable pour l'économie locale.

C'est la fin d'un imbroglio qui dure depuis plusieurs années. Ce lundi à 23 heures, le second réacteur de Fessenheim, doyenne des centrales nucléaires françaises, a été débranché. Un crépuscule célébré comme une victoire par les antinucléaires mais vécu comme un crève-coeur par les salariés et les habitants. Le premier réacteur avait été débranché le 22 février dernier.

"Coup dur pour l’économie locale"

Ce mardi matin, Claude Brender, maire sans étiquette de cette commune du Haut-Rhin, a évoqué sur BFMTV un "coup dur" et n'a pas caché pas ses inquiétudes quant au futur de ses administrés. "Aujourd’hui, l’impensable et l’inacceptable s’imposent à nous, c’est la fin d’une belle histoire de 50 années entre un territoire et sa centrale nucléaire", a-t-il déploré.

Puis, l'élu est également revenu sur les dégâts sociaux de cette fermeture à l'échelle territoriale, qui devraient survenir dans les mois à venir selon lui.

"C’est un coup dur car c’est le seul outil industriel de taille dans ce territoire. Il y a plus de 1000 emplois qui vont être perdus, et puis ensuite 1100 emplois induits et indirects, commerçants, artisans, sous-traitants. C’est un coup dur pour l’économie locale, c’est clair", a-t-il encore ajouté.

Electricité importée d'Allemagne

D'autant que pour Claude Brender, réélu maire de la commune dès le 1er tour des élections municipales, le bénéfice écologique de cette fermeture est loin d'être garanti. Jusqu'alors, la centrale de Fessenheim produisait annuellement 11 milliards de kilowaters d'électricité, soit 70% de la consommation alsacienne. "Malheureusement, cette électricité sera importée d’Allemagne où il est produit avec plus de 50% d’énergie fossile. C’est un mauvais coup pour l’environnement, pour le climat", a estimé Claude Brender.

L'élu a également fait part de son inquiétude quant à l'avenir du site de la centrale. "Aujourd’hui il n’y a pas d’alternative industrielle sur le site, il n’y a pas de nouveaux emplois créés. Pour l’instant on privilégié une fermeture plutôt qu’une réindustrialisation du site. [...] Je préférerais qu’on garde la mémoire du site, qu’on reclasse ces bâtiments, garder une dynamique sur ce territoire-là", a-t-il fait valoir.

"Rien ne remplacera une centrale sur un territoire, il faut des années pour reconvertir le territoire. Ceux qui sont à l’origine de cette décision devraient proposer une suite industrielle sur le site, moi maire de la ville je ne peux pas apporter quelque chose", a conclu le maire.
https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV