BFMTV

Tourcoing: une caissière d'Auchan demande une enquête du CHSCT après une fausse couche

Un supermarché Auchan, en 2012 (image d'illustration).

Un supermarché Auchan, en 2012 (image d'illustration). - Philippe Huguen - AFP

Une jeune caissière de 23 ans, en contrat de professionnalisation dans un supermarché Auchan City à Tourcoing, a demandé une enquête du CHSCT après sa fausse couche sur son lieu de travail. L'entreprise assure de son côté que "l'hôtesse a été prise en charge rapidement".

Une caissière d'un supermarché Auchan City à Tourcoing (Nord) a demandé au Comité d'hygiène et de sécurité de l'entreprise (CHSCT) de diligenter une enquête après sa fausse couche sur son lieu de travail, une demande à laquelle l'union locale CGT a apporté ce lundi son soutien.

"Quand la caissière a annoncé à sa chef qu'elle était enceinte, il n'y a eu aucune prise en considération de ce changement. A plusieurs reprises, elle s'était manifestée auprès de ses responsables sur des douleurs, mais il n'y a personne qui a réagi", a regretté Habib Hamdoud, délégué syndical CGT à Auchan City, lors d'une conférence de presse à l'Union locale de Tourcoing. 

"Violentes douleurs" au ventre

Le 22 novembre, cette jeune femme de 23 ans, qui est en contrat de professionnalisation dans ce magasin depuis le 1er novembre, a ressenti de "violentes douleurs" au ventre.

"J'ai prévenu mes responsables, j'ai demandé à plusieurs reprises d'aller aux toilettes, mais personne ne m'a permis. J'ai continué à travailler, mais à un moment, j'en pouvais plus, alors j'ai pris la décision de fermer la caisse", a relaté la caissière alors enceinte de trois mois.

"Quand je me suis levée, j'ai vu que mon fauteuil était blindé de sang", puis "je suis allée aux toilettes, j'étais un robinet de sang. C'est un pompier (appelé par la sécurité NDLR) qui a ramassé le foetus tombé dans la cuvette", poursuit la salariée qui est actuellement en arrêt maladie. 

Le 22 novembre, "dès que sa hiérarchie a été informée du problème rencontré par l'hôtesse, elle a alerté les secours et l'hôtesse a été prise en charge rapidement", a assuré l'entreprise dans un communiqué, affirmant que la salariée n'avait pas sollicité de pause.

Une plainte annoncée

Dans un courrier adressé à la direction d'Auchan City daté du 20 décembre et dont l'AFP a obtenu copie, la caissière écrit avoir été "meurtrie" par "cette absence manifeste d'empathie et de compassion" de sa direction. Elle lui demande de remplir "une attestation d'accident du travail" et de "régulariser" sa fiche de paie du mois de novembre affirmant "qu'une semaine de travail effectif" lui a été déduit sur son bulletin de salaire. 

"L'ensemble des sommes dues ont été versées" et Auchan n'"a reçu l'avis d'arrêt maladie et l'avis d'accident de travail que tardivement. Dès que nous les avons reçus, nous avons traité le sujet", a répondu la direction.

"Une plainte devrait être déposée dans les jours à venir" par la caissière, a affirmé Me Ioannis Kappopoulos, l'avocat de la CGT. 

Dans ce même supermarché, une caissière avait été licenciée en juillet pour, selon la CGT, "un préjudice de 85 centimes d'euros", puis finalement réintégrée. 

"Au mois d’août dernier, on (la CGT) avait demandé à la direction une amélioration des conditions de travail dans ce magasin. On s’attendait à ce que ça change, mais on se rend compte que les méthodes perdurent, peut-être pour se venger", explique Samuel Meegens, à la tête de l'Union locale CGT, faisant état de "cas de brimades, humiliations, des salariés basanés traités de macaques, etc."
V.R. & Y.D. avec AFP