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Tablettes tactiles : un risque pour les plus jeunes ?

L'iPad 2 de Apple

L'iPad 2 de Apple - -

Elles sont à peine plus épaisses qu'une feuille de papier et se glissent partout ! Ce sont les fameuses tablettes numériques. Tout le monde les utilise, même les enfants. Pourtant selon certains psychiatres ce n’est pas bon pour les plus jeunes.

Aujourd'hui, on compte 50 millions d'utilisateurs de tablettes tactiles dans le monde. 1,45 millions de ces écrans ont été vendus en 2011 dans le monde. En France, 2 millions de personnes possèdent ce type de gadget. Parmi tous ces utilisateurs, une catégorie doit pourtant se méfier des effets de ces tablettes : ce sont les enfants de moins de trois ans.

Les repères spatio-temporels mis à mal

Une utilisation trop fréquente empêcherait par exemple le bon développement des repères spatio-temporels de l'enfant. C'est tous cas ce qu'affirme le psychiatre Serge Tisseron. Selon lui, « l'usage immodéré de l'écran tactile empêche l'enfant de construire les repères spatiaux et temporels qui le structurent ». Pour apprendre à se repérer, l'enfant doit mettre des objets à sa bouche, les secouer, les jeter en l'air. « La tablette limite la relation au monde à ce que l'enfant voit. Il touche l'écran au lieu de saisir l'objet, il ne le flaire pas, ne le mâchouille pas. Il n'a pas l'appréhension des trois dimensions de l'espace », affirme le psychiatre dans une interview au Journal du Dimanche.

« Des jeux très pédagogiques »

Isaac a 3 ans. Il est venu au parc avec ses parents et une tablette numérique. Ce qu’il préfère par-dessus tout ? « Regarder un film sur l’iPad de maman », confie le petit garçon. Marie, sa maman l'autorise à jouer sur la machine, 3 à 6 heures par semaine. Elle pense que c'est bon pour lui. « Si on fait le bon tri, explique-t-elle, il y a de très bons jeux, très pédagogiques et qui sont complémentaires de ce qu’ils apprennent à l’école ».

« Mieux vaut raconter des histoires »

Pourtant, il est préférable de bannir les écrans tactiles à cet âge-là, comme l’indique le psychologue Marcel Rufo. Il préconise le papier et la voix, plus que le numérique. « Autant parler à l’enfant et lui raconter une histoire. C’est un outil de plus mais il ne faut pas que ça devienne exclusif. Ce n’est pas mauvais, de temps en temps, mais il vaut mieux lire des histoires », explique le psychologue. Deux conditions sont donc requises pour une utilisation saine de ces nouveaux outils chez les plus jeunes : l'enfant doit avoir plus de 3 ans et être accompagné par ses parents.

La Rédaction avec Alexandre Mognol