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Sites, souscription, loto: où en est la mission patrimoine de Stéphane Bern?

Stéphane Bern et Emmanuel Macron en visite à la maison de Pierre Loti, le 14 juin 2018 à Rochefort.

Stéphane Bern et Emmanuel Macron en visite à la maison de Pierre Loti, le 14 juin 2018 à Rochefort. - Jean-Christophe SOUNALET / POOL / AFP

Nommé par Emmanuel Macron, Stéphane Bern est à la tête d’une mission qui a pour but de financer la rénovation de certains sites du patrimoine français grâce à des "sources de financement innovantes".

Connaissez-vous le point commun entre le casino de Vernet-les-Bains (Pyrénées-Orientales), le château de Cuzorn (Lot-et-Garonne) et la chapelle de Guerlédan (Côtes-d’Armor)? Ce n’est pas seulement que ces sites profitent de l’été pour attirer les touristes. Ils font partie de la liste retenue par la "mission Bern", qui a pour but de mener à bien la rénovation de 269 lieux de patrimoine en France. Grâce à des financements issus du mécénat populaire et au lancement d’un loto, l’animateur télé espère réunir 54 millions d’euros nécessaires aux travaux.

Les sites retenus

Près de 2000 dossiers pour des sites répartis sur tout le territoire sont arrivés sur le bureau de Stéphane Bern. Un "engouement qui témoigne de la passion collective des Français pour leur patrimoine", indique le ministère de la Culture. Il est possible de les aider grâce à la souscription nationale lancée fin mai (voir ci-dessous), mais ils ne font pas tous partie de la short-list retenue par les équipes de l’animateur, qui bénéficiera d’aides directes issues des jeux de grattage et du loto du patrimoine (voir ci-dessous).

Parmi ces 2000 candidatures, la "mission Bern" a donc décidé de retenir 269 projets de rénovation, répartis en différents thèmes: le patrimoine religieux comme l’église Saint-Léger de Barly (Pas-de-Calais), le patrimoine industriel comme l’ancienne conserverie Le Gall à Loctudy (Finistère), les châteaux comme celui de Lassay (Mayenne), le patrimoine agricole ou rural comme le pigeonnier de Grubel à Fourquevaux (Haute-Garonne), et le patrimoine lié à l’eau comme le marégraphe de Marseille. Une dernière catégorie dite "autre patrimoine" regroupe des lieux comme le théâtre de Mirecourt (Vosges) ou le Tetrodon de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).

Enfin, 18 "porte-drapeaux" (un par région, outre-mer compris) choisis dans ces 269 projets auront la chance d’être "immédiatement dotés par la Fondation du patrimoine d’une somme permettant de démarrer les premières tranches de travaux". On y trouve la maison d’Aimé Césaire à Fort-de-France (Martinique), le couvent Saint-François à Pino (Corse), le fort Cigogne à Fouesnant (Finistère), la maison de Pierre Loti à Rochefort (Charente-Maritime), la villa Viardot à Bougival (Yvelines), ou la rotonde ferroviaire de Montabon (Sarthe).

La souscription nationale

Depuis deux mois et jusqu'à fin novembre, il est possible de venir en aide à un ou plusieurs sites de votre choix dans la liste des 2000 sites à rénover, que vous pouvez trouver intégralement sur le site de la "mission Bern". Mais selon Le Parisien, cet appel aux dons n’a pour l’instant permis de récolter que 1,3 million d’euros. A Condom dans le Gers, l’Hôtel de Polignac, qui fait partie des 18 sites prioritaires, a par exemple besoin de 330.000 euros pour des travaux de maçonnerie, de couverture, d’étanchéité, de peinture et de menuiserie. Or, l’appel au mécénat n’a pour l’instant permis de récolter qu’un peu plus de 5700 euros.

Interrogé par Le Parisien, Stéphane Bern reconnaît que "les résultats sont très contrastés selon les sites", et que certains particuliers sont "réticents à donner quand il s’agit de propriétaires privés". L’animateur rappelle également que "la mobilisation sur place, autour du monument, est bien sûr essentielle pour lui donner plus de notoriété. Il faut trouver pour chacun des sites des biais, des anecdotes pour que les gens se sentent concernés". A partir du 3 septembre, il présentera également un mini-programme quotidien de 90 secondes, à 20h40 sur France 2 pour promouvoir une soixantaine de sites, dont les 18 monuments les plus emblématiques retenus par la "mission Bern". Le début de la campagne de jeux de grattage et le loto du patrimoine devraient également faire un peu de publicité à l’opération.

  • Le loto et les jeux de grattage

Selon la FDJ, ils sont censés rapporter entre 15 et 20 millions d’euros à la "Mission Patrimoine". Dès le 3 septembre, un jeu de grattage sera lancé pour une durée de quatre à six mois et à 12 millions d’exemplaires, qui seront disponibles dans 30.800 points de vente. Il sera décliné en trois tickets illustrés par certains des 18 sites à rénover prioritairement. Il coûtera 15 euros et "les prélèvements publics sur les mises de ce jeu seront reversés à la Fondation du Patrimoine soit 1,52 euro pour chaque ticket", indique la FDJ. Le gain maximum possible sera de 1,5 million d’euros, alors que 72% des mises retourneront aux joueurs sous forme de gains (vous aurez une chance sur 2,92 de remporter un gain).

Le deuxième étage de la fusée "Mission Patrimoine" à la FDJ est un "super loto" dédié. Il aura lieu le 14 septembre, à la veille des Journées du Patrimoine, et proposera un jackpot de 13 millions d’euros. Par ailleurs, 50 codes "super loto" seront tirés au sort et gratifieront 50 gagnants de toucher 20.000 euros. Une grille spéciale sera éditée et les prises de jeu débuteront le lundi 3 septembre.

Antoine Maes