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Semaine de travail, "écocide": la Convention pour le climat affine ses positions

La Convention pour le climat hébergée par le Cese.

La Convention pour le climat hébergée par le Cese. - Yoan VALAT

150 citoyens tirés au sort et un week-end pour passer en revue une série de propositions écologiques. Ce samedi, les membres de la Convention citoyenne pour le climat se sont exprimés sur des sujets aussi divers que la semaine de 28 heures, ou l'introduction du concept d'"écocide" dans les institutions.

La Convention citoyenne pour le climat a écarté samedi l'idée d'instaurer la semaine de travail de quatre jours, une de ses propositions les plus controversées, mais souhaité que la France reconnaisse le crime "d'écocide".

La proposition de "réduire le temps de travail sans perte de salaire dans un objectif de sobriété et de réduction de gaz à effet de serre" a été rejetée à 65% par les 150 membres de la Convention, après des débats passionnés. La proposition, qui avait immédiatement été critiquée par la Confédération des PME par exemple, a été largement rejetée, la première parmi les quelques 150 mesures soumises au vote.

Une autre proposition qui risque de heurter le monde de l'entreprise a en revanche été adoptée : une taxe de 4% sur les dividendes distribués au-delà de 10 millions d'euros, destinée à financer la transformation "verte" de l'appareil productif. Les "citoyens" ont par ailleurs plébiscité à 99,3% la proposition d'introduire dans le droit pénal français un crime "d'écocide", une proposition rejetée récemment au Sénat et à l'Assemblée nationale.

Vers un référendum?

Ils ont souhaité en complément la création d'une "haute autorité" chargée de faire respecter les "limites planétaires" jugées soutenables pour la survie de l'humanité (réchauffement climatique limité à 2 degrés par exemple). D'autres mesures ont fait le plein, notamment en matière d'alimentation, avec un renforcement de l'information des consommateurs par des messages d'avertissement comme ceux pour le tabac (adopté à 99,3%), ou une réforme des labels de certification (100%). Ils ont aussi été 76% à prôner la modification, par référendum, de l'article premier du préambule de la constution afin d'y inclure la nécessité de préserver l'environnement et la biodiviersité.

Les 150 citoyens mandatés pour proposer des mesures contre le réchauffement climatique "dans un esprit de justice sociale" doivent procéder dimanche au vote final de leur rapport.

Emmanuel Macron a prévu de les recevoir le 29 juin pour leur apporter de "premières réponses" et certaines de leurs propositions pourraient déboucher sur un référendum. Le chef de l'Etat avait décidé d'organiser cet exercice de démocratie participative inédit en France après la crise des "gilets jaunes", déclenchée par l'annonce d'une taxe carbone sur les carburants.

R.V. avec AFP