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Seine-et-Marne : une entreprise en bonne santé liquidée... par erreur

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A cause d'une erreur de saisie en mai dernier par un greffier du tribunal de grande instance de Paris, une entreprise de plomberie de Seine-et-Marne, a été placée en liquidation judiciaire. 8 mois plus tard, l'entreprise n'a pas réussi à s'en relever. Son patron témoigne sur RMC.

Liquidée par erreur, une entreprise touche le fond. A cause d'une erreur dans la saisie du numéro SIRET (Système d’Identification du Répertoire des Établissements), le tribunal de Grande Instance de Paris a confondu une entreprise de plomberie en bon état de marche avec une autre en liquidation. Depuis le 22 mai 2012, date à laquelle la mauvaise information a commencé à circuler, la situation s'est aggravée et Bertrand Jacquelot est aujourd'hui obligé de vendre sa société, ECA, basée au Châtelet-en-Brie (Seine-et-Marne). Une entreprise qui emploie 20 salariés et réalisait 2 millions d’euros de chiffre d’affaires avant l’erreur de saisie du tribunal. Le croyant véritablement en faillite, ses fournisseurs l'ont depuis lâché et ses clients ont annulé leurs commandes. Malgré le licenciement de cinq salariés et la vente d'une partie de ses équipements, Bertrand Jacquelot n'a pas réussi à redresser la barre et a vu le chiffre d'affaire de la société divisé par deux.

Clients perdus, téléphone coupé, salariés radiés de la mutuelle…

« C'est une mort tranquille, raconte Bertrand Jacquelot sur RMC. On a dépensé petit à petit toute notre trésorerie. Moi je suis dégouté par la situation. Ça a commencé par les fournisseurs qui ont fermé les comptes. Ensuite, on a perdu des clients qui se demandaient ce qui se passait, si on allait pouvoir assumer les chantiers. Et puis après on a eu des effets complètement farfelus. On nous a coupé le téléphone, tous nos salariés ont été radiés de la mutuelle ».
Le tribunal, qui a reconnu son erreur, a ensuite publié un erratum sur les documents officiels. Mais le mal était fait. « 2 mois et demi après, nous n'étions plus "officiellement" en liquidation judiciaire, pourtant on avait encore des effets avec des courriers nous disant que nous étions toujours en liquidation », peste Bertrand Jacquelot. « J'ai investi 100 000 euros pour racheter l'entreprise. J'ai réinjecter en 2010 près de 80 000 euros, parce qu'on avait fait une mauvaise année. Concrètement, si cela continue je vais perdre ma maison, et peut-être même un peu plus », assure-t-il.

La Rédaction