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"Sauvez Pikachu": la récupération de Pokémon par des anti-avortement

Des Pikachu défilent au Japon le 13 août 2015.

Des Pikachu défilent au Japon le 13 août 2015. - Yoshikazu Tsuno - AFP

La campagne de communication d'un groupe de jeunes contre l'avortement fait polémique. Au point que de féministes ont choisi de rétorquer, par pochoirs et mots-clé interposés.

"Et si Pikachu n'était jamais né?" Derrière cette question apparemment innocente, posée via des pochoirs sur les trottoirs de Paris, se cache en réalité la campagne d'un groupe de jeunes anti-IVG: les Survivants.

Les pochoirs en question mènent vers un site conçu pour smartphones, au design rappelant les jeux vidéos vintage. On y suit l'histoire de Pikachu, personnage phare du jeu Pokémon Go. Ici, il s'agit d'un personnage féminin: elle rencontre un Pikachu masculin, et finit par attendre "un Pichu". Plusieurs personnages du jeu entrent alors en scène pour la convaincre de ne pas le garder. "Nous pensons tous que tu devrais interrompre l'éclosion de ton œuf", s'écrient-ils.

Le "joueur" se voit ensuite poser la question suivante: "Souhaites-tu interrompre l'éclosion de ton œuf?". Qu'il clique sur "oui" ou "non", le voilà dirigé vers un argumentaire des Survivants. Leur message? "Dans la vraie vie, un enfant sur 5 se voit privé du droit de vivre". "(...) Si on prenait le temps d'accompagner les jeunes parents (...) beaucoup d'entre eux choisiraient de garder leur enfant".

La ministre de la Santé dénonce "la propagande anti-IVG"

Comme certaines marques ou même des responsables politiques, les Survivants ont choisi de surfer sur le succès de Pokémon Go – sans jamais évoquer le mot "avortement" ni l'acronyme IVG. On les retrouve également sur d’autres sites s’adressant aux jeunes, comme Afterbaiz ou encore Testpositif.

Sur Twitter, leur mot-clé se résume à #SauvezPikachu. De quoi faire bondir la ministre de la Santé, Marisol Touraine. "Mon devoir: dénoncer la propagande anti-IVG, surtout quand elle a l'air cool." Et de renvoyer vers "une info fiable sur vos droits", et le site du gouvernement sur la question.

Si la ministre ne visait nommément aucune campagne, le porte-parole des Survivants et ancien de la Manif pour tous, Emile Duport, n'a pas manqué de lui répondre.

Les féministes répliquent

De son côté, un collectif féministe a décidé d'organiser la riposte. Dans la nuit de dimanche à lundi, ses membres sont venues recouvrir les pochoirs des Survivants de pochoirs roses, affichant le slogan "Mon corps, mon choix", suivi du numéro de téléphone du planning familial. Une campagne affichée sur Twitter, accompagnée du mot-clé #PokémonIVGo. 

"Sur Pokémon Go, on sait deux choses: d'une part les joueuses sont jeunes. De l'autre, ce sont principalement... des joueuses", écrit le collectif dans un communiqué. "Le collectif s'oppose radicalement à cette campagne qui désinforme les jeunes filles sur leurs droits, en utilisant des symboles auxquels les plus jeunes sont particulièrement attachés". Et de conclure en appelant à la mobilisation: "à vos bombes et vos pochoirs maison".

https://twitter.com/ariane_k Ariane Kujawski Journaliste BFMTV