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Huée à l'Assemblée nationale, Latifa Ibn Ziaten va porter plainte

Latifa Ibn Ziaten, la mère d'une victime de Mohamed Merah a été récompensée par la fondation Chirac en novembre.

Latifa Ibn Ziaten, la mère d'une victime de Mohamed Merah a été récompensée par la fondation Chirac en novembre. - Jacques Brinon - AFP

Lors d'un colloque début décembre à l'Assemblée nationale, la mère d'une victime de Mohamed Merah avait été huée. Elle indique qu'elle va porter plainte contre plusieurs personnes qui l'ont suivie à la sortie de la salle.

Latifa Ibn Ziaten est encore bouleversée. Dans un entretien vidéo au Bondy Blog, la mère d'un militaire tué par Mohamed Merah en 2012 raconte son intervention à l'Assemblée nationale le 8 décembre dernier. Invitée par le groupe socialiste à une rencontre autour de la laïcité, elle est huée par des membres du public.

"Plus que huée, ils m'ont agressée", raconte Latifa Ibn Ziaten, qui précise que les auteurs des sifflets l'ont suivie hors de la salle. "Deux personnes sont sorties de la salle, elles m'ont suivie jusqu'à l'ascenseur. Elles m'ont dit: "Vous n'êtes pas française Madame, vous dites que vous avez la nationalité française, mais vous ne pouvez pas parler de la laïcité alors que vous portez un foulard, vous faites honte à la France", poursuit-elle émue. 

"Fière" d'être Française, musulmane et Marocaine

"Ce mot 'honte' m’a fait beaucoup de mal", indique-t-elle, "choquée" que cela se soit passé "dans un lieu républicain". Celle qui depuis l'assassinat de son fils est devenue une ambassadrice du vivre ensemble ne s'est toutefois pas démontée. "J'ai dit: 'Monsieur, je suis Française et je suis musulmane et je suis Marocaine et je vis avec les trois et j'en suis fière, c'est vous qui avez un problème' (…) Je lui ai pris la main et je lui ai dit 'Je vous salue monsieur, ma religion me permet de saluer les gens et je peux même vous embrasser, ça ne me dérange pas, c'est ça la tolérance' ", raconte-t-elle.

S'agissait-il de personnalités connues du Parti socialiste? Latifa Ibn Ziaten répond par l'affirmative sans dévoiler l'identité des deux individus. Or après l'incident, le député Jean Glavany, qui organisait cette rencontre, avait affirmé que les deux auteurs des sifflets, qu'il avait invités à quitter la salle, n'étaient "ni députés ni manifestement socialistes".

Latifa Ibn Ziaten entend porter plainte pour agression à l'encontre des deux individus. La mère du militaire assassinée, récompensée du Prix pour la prévention des conflits de la fondation Chirac n'en reste pas moins déterminée. "Il n'y a rien sans difficulté. Pour avancer, il faut encaisser des choses bien, mauvaises. J'ai déjà encaissé des choses très dures, une souffrance énorme à l'intérieur de soi. Il ne faut rien lâcher".

C. B