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Dans la Vienne, le cimetière de Prinçay pourra bien garder sa croix

Le cimetière Loyasse à Lyon (illustration)

Le cimetière Loyasse à Lyon (illustration) - JEFF PACHOUD / AFP

La commune de Prinçay, située dans le département de la Vienne, avait été assignée en justice par un citoyen qui réclamait le retrait de la croix installée sur le nouveau portail du cimetière municipal.

C'est la fin d'un long feuilleton judiciaire. Le tribunal administratif de Poitiers a validé ce jeudi le maintien d'une croix sur le portail du cimetière municipal de Prinçay, dans la Vienne, contestée depuis plusieurs années par le fils d'un habitant du village qui y est enterré.

En 2014, Philippe Bonn avait en effet assigné la mairie en justice, exigeant le retrait de cette croix au nom de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Il a finalement perdu son combat et a été condamné à indemniser la commune pour ses frais de justice à hauteur de 1.200 euros.

Saisi de l'affaire en mars dernier, le tribunal administratif de Poitiers s'était tourné vers le Conseil d'Etat qui avait rendu un avis le 28 juillet, indiquant que l'entretien, la restauration voire le remplacement des signes religieux existant préalablement à la loi de 1905 étaient autorisés. 

"On a pu obtenir un courrier de la préfète, attestant de l'existence de ce cimetière en 1859 et précisant que, à cette époque, tous les portails de cimetières comportaient une croix. Et même si le portail et la croix ont été restaurés, cette restauration a été faite dans le respect de l'original", a expliqué Me Romain Bernier, avocat de la mairie de Prinçay, cité par Le Figaro.

La mairie de Prinçay avait procédé à l'installation de ce nouveau portail au début des années 2000, afin de remplacer l'ancienne grille délabrée. "On n'est pas porteur d'un quelconque combat. Mais les habitants préfèrent garder cette croix qui, selon eux, était déjà présente. Ce n'est pas un problème religieux; notre église est quasiment vide. Mais on se sent agressé dans notre culture", a estimé Patrick Mignon, maire de Prinçay depuis 2014. Philippe Bonn dispose désormais d'un délai de deux mois pour faire appel de cette décision.

Me.R.