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Qui sont les nouveaux censeurs?

Le "Tree" de McCarthy avait suscité la polémique et a été dégonflé en pleine nuit, place Vendôme à Paris.

Le "Tree" de McCarthy avait suscité la polémique et a été dégonflé en pleine nuit, place Vendôme à Paris. - Bertrand Guay - AFP

En proie à une virulente polémique, "l’arbre-sex toy" de la place Vendôme a été démonté le mois dernier. L’expo du "Zizi sexuel", en ce moment à la Cité des Sciences à Paris, s’était déroulée sans souci en 2007, elle fait cette année l’objet d’une pétition. Qui sont ceux qui s’érigent en nouveaux censeurs?

Avec l'essor des réseaux sociaux, de nouvelles formes de censure sont en train d'apparaître, dont plusieurs illustrations concrètes ont fait l'actualité ces dernières semaines.

L'association SOS Education, qui s'était déjà mobilisée contre les ABCD de l'égalité, a lancé une pétition mi-octobre: plus de 40.000 personnes ont déjà signé "contre l'éducation à la sexualité par le 'Zizi sexuel'". Or, la même exposition avait été organisée en 2007, sans susciter la moindre polémique. 

De son côté, le musée d'Orsay, à Paris, a choisi de mettre un avertissement à l'entrée de son exposition consacrée au marquis de Sade: "Le caractère violent de certaines œuvres et de certains documents est susceptible de heurter la sensibilité des visiteurs".

La semaine dernière, Françoise Paviot, commissaire de l'exposition "L'intime comme illusion", décrochait deux photos de Diane Ducruet, après avoir reçu un courrier.

Mi-octobre, le plasticien Paul McCarthy renonçait à regonfler son "plug anal" qui avait été vandalisé la nuit précédente et à cause duquel il avait reçu une gifle, place Vendôme à Paris.

Les équipes du Grand angle de BFMTV ont enquêté sur ceux qui s’érigent en nouveaux censeurs:

"La censure a changé de visage"

Pour l'avocat Emmanuel Pierrat, spécialiste de la propriété intellectuelle, "la censure a changé de visage". Longtemps chasse gardée de l'Etat, elle est passée à des citoyens regroupés en association puis à des citoyens tout seuls. "On a l'impression, de notre point de vue de Français, que la liberté d'expression est un acquis, mais ne faisons pas attention au fait qu'elle est grignotée de jours en jours, de plus en plus vite".

"C'est important de le dénoncer"

Béatrice Bourges est la porte-parole du Printemps français, qui jugeait la place Vendôme "défigurée" et "Paris humilié" à cause du "Tree" de McCarthy. "Je pense que l'art c'est plutôt fait pour élever l'âme, pour élever l'esprit, quand on est dans le beau, le vrai, le bien. On nous impose de réduire l'homme juste à un corps ou un sexe. Je pense que c'est important de le dénoncer", juge-t-elle.

"Elle est objectivement belle cette place, personne ne peut contester qu'elle est belle et dessus on met quelque chose qui se veut provocant", ajoute la cofondatrice de La Manif pour tous, qui affirme que l'œuvre a été dégonflée par l'artiste lui-même, et en aucun par un militant de se son association.

"Tout sujet peut prêter à polémique"

"Tout sujet peut prêter à polémique via les réseaux sociaux", estime pour sa part l'humoriste Fabrice Eboué qui a choisi de s'affranchir des critiques en ligne. "Sur Internet il y a des fanatiques de tout et n'importe quoi".

Ces entretiens ont été réalisés dans le cadre du Grand Angle "Les nouveaux censeurs", à retrouver ici ou samedi après-midi dans 7 jours BFM sur BFMTV.

K. L. avec Pauline Revenaz