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Que faut-il attendre de la conférence environnementale ?

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Vendredi débutera la conférence environnementale, deux jours pour parler fiscalité écologique, produits dangereux et agriculture raisonnée. Mais concrètement, quelles sont les décisions attendues des spécialistes de la question ?

Cinq ans après le Grenelle de l’environnement, on va à nouveau parler environnement, santé, biodiversité ou encore gaz de schiste : ce vendredi débute la conférence environnementale, point de départ d’une longue série de consultations pour fixer un cap et réaliser un agenda des mesures à mettre en œuvre. Pourtant, pas encore commencée, la conférence fait déjà débat et nombreux sont ceux qui doutent de son efficacité. Plusieurs associations estiment en effet que deux jours pour dessiner une politique environnementale est un objectif trop ambitieux. Dans le journal Le Monde de ce mercredi, Nicolas Hulot met aussi en garde le gouvernement et exprime ses craintes. Il a peur que l'écologie ne soit sacrifiée à la crise économique et prévient : la conférence sera « un moment de vérité pour le gouvernement et on verra s'il est à la hauteur ».

« 1 000 cas de cancer par an »

Les enjeux sont pourtant énormes, car les thèmes à traiter sont très variés et la situation sanitaire parfois très grave dans certains cas. Chercheur et spécialiste des risques sanitaires, André Cicolela attend par exemple beaucoup de ce rendez-vous. Il a d’ailleurs été l'un des premiers à alerter les autorités sur les risques du Bisphénol A, cette substance chimique contenue dans les biberons notamment. « Je rappelle le chiffre, explique-t-il : 1 000 cas de cancers par jour, et dans la moitié des cas les personnes seront mortes dans les cinq ans. Il y a des causes à cette épidémie, elles sont en partie identifiées, ce sont des causes environnementales au sens le plus global du mot. Il faut donc arriver à agir dessus. C’est ça l’enjeu de la conférence ».

« Détecter et éliminer toutes ces sources de maladie »

Après le Bisphénol A, André Cicolela s'attaque ainsi désormais aux phtalates. Il espère d’ailleurs que le gouvernement interdira ces particules lors de la conférence. « On en trouve dans les cosmétiques, les médicaments, les poches de transfusion dans les hôpitaux qui sont faites à 50% de phtalates et qui passent dans les organismes, s’inquiète-t-il. La population la plus exposée, ce sont les prématurés qui sont à 1 000 fois la dose de l’adulte, c’est tout à fait aberrant ! On sait que cette imprégnation induit des cancers du sein, de la prostate, des diabètes et de l’obésité. Il faut détecter et éliminer toutes ces sources de maladie ».

« Un fond pour développer un modèle agricole plus responsable »

Nadine Lauverjat, membre du Rassemblement pour la planète, défend de son côté une taxe sur la malbouffe, une idée déjà envoyée au gouvernement en amont de la conférence. Aliments trop gras ou trop sucrés seraient donc taxés et permettraient « d’alimenter un fond pour développer un modèle agricole plus responsable et plus respectueux de l’environnement. On ne peut pas continuer de faire manger des produits trop gras, trop salés trop sucrés à une époque où les maladies cardiovasculaires, les cancers le diabète ne font qu’augmenter, et qui peuvent avoir un lien avec l’alimentation ».

La rédaction avec Stéphanie Collié