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Quand les coiffeurs rattrapent les désastres capillaires du confinement

Un salon de coiffure sur l'île de Groix, dans le Morbihan, le 11 mai 2020, au premier jour du déconfinement (photo d'illustration)

Un salon de coiffure sur l'île de Groix, dans le Morbihan, le 11 mai 2020, au premier jour du déconfinement (photo d'illustration) - Loïc Venance-AFP

Les coiffeurs et coiffeuses accueillent depuis le 11 mai dans leurs salons les accidentés capillaires du confinement, avec des coupes de cheveux et couleurs maison pas toujours réussies...

Si de nombreux coiffeurs et coiffeuses assurent que leurs clients leur sont restés "fidèles" durant le confinement et ont été "sages", s'abstenant de manipuler paire de ciseaux, tondeuse et d'improviser des colorations maison, ce n'est pas le cas de tous. Certains professionnels de la coiffure ont, depuis le 11 mai, au premier jour du déconfinement, dû rattraper des coupes de cheveux ratées et des accidents de couleurs.

Trous et franges ratées

Une poignée de clientes sur les quelque 150 reçues la semaine dernière ont ainsi été prises en main pour ce genre de situation dans la maison de coiffure Christophe-Nicolas Biot, dans le 6e arrondissement de Paris, qui distillait pourtant gratuitement ses conseils pendant le confinement. "On a vu des trous, des longueurs hétérogènes et des franges ratées", raconte à BFMTV.com le responsable d'accueil.

"En général, une coupe bien faite tient deux mois même si on la néglige. Pour ces clientes qui ont tenté de procéder elles-mêmes à des corrections, la coupe n'était pas forcément bonne à la base. C'est pour cela qu'elles ont eu envie de les retoucher."

"Ses cheveux avaient tourné blond-roux"

Dans le centre-ville de Bordeaux, à L'Impertinence, tous ceux et toutes celles venus pour des désastres capillaires ont pu retrouver une chevelure plus harmonieuse après un passage en salon. "Pour les femmes, on a eu quelques soucis de dégradés, ça n'avait pas de forme", déclare l'une de ces coiffeuses à BFMTV.com. Si les coupes ont été facilement rattrapées, le problème a été plus délicat avec les couleurs maison.

"Certains clients se sont tournés vers des colorations achetées en grande surface. Sur la photo, ça rendait bien, mais en réel, ça n'était pas du tout pareil. On a eu un monsieur dans cette situation qui s'est lancé pour la première fois dans l'aventure pendant le confinement. À la base châtain, ses cheveux avaient tourné blond-roux."

Même problème de couleurs dans le salon du 6e arrondissement de Marseille Coiffure styling, notamment pour des racines. "On a eu quatre ou cinq clientes qui ont choisi des teintes en supermarché qui n'étaient pas les bonnes", nous témoigne Varduhi Abramyan, la gérante. Avec pour résultats des racines devenues transparentes ou des couleurs qui n'avaient pas pris. "Mais ce n'est pas difficile à rattraper", ajoute cette professionnelle. "On rattrape tout."

"C'était évident que ça allait arriver"

Laurence - qui a souhaité n'être présentée que par son prénom - est elle-aussi habituée à rattraper les catastrophes. "Cela fait trente-sept ans que je fais ce métier, je suis habituée à gérer ce genre de choses, j'en vois souvent. Et j'en ai tellement vu tout au long de ma carrière que ça ne me choque même plus." Propriétaire du salon Laurence coiffure dans le 12e arrondissement de Marseille, elle assure qu'elle s'attendait à ce que ce type d'incidents se produise.

"C'était évident que ça allait arriver. J'ai rattrapé énormément de coupes, notamment des hommes qui se sont rasés à la tondeuse. Quand c'est mal fait, à la repousse, ce n'est pas très beau. Pour les couleurs, j'ai aussi vu de l'orange sur du châtain, du jaune sur du brun. Clairement, c'est rarement aussi bien qu'en salon lorsque c'est acheté en supermarché et fait soi-même."

"Trois coiffeurs l'avaient refusée, elle était désespérée"

L'équipe du salon Jean-Louis David, dans le 14e arrondissement de Paris, a elle aussi dû prendre en charge des situations délicates. Au total, une quinzaine de clients, hommes, femmes et enfants. "Parfois, c'était raté, raté", confie l'une de ses employées à BFMTV.com. 

Des hommes tondus par eux-mêmes ou leurs enfants, des femmes avec des cheveux de toutes les longueurs et des enfants à la frange approximative coupée par leurs parents. "Tout le monde s'est rendu compte que coiffeur, c'est un métier", ajoute cette professionnelle.

"Une cliente nous a fait la totale. Une coupe de cheveux playmobil avec une couleur orange fluo. Elle s'est fait ça deux semaines avant le déconfinement et a dû attendre que les salons rouvrent. Quand elle est arrivée chez nous, trois coiffeurs l'avaient refusée, elle était désespérée. Je ne pouvais pas la laisser comme ça et ça ne m'a pas fait peur. Je l'ai prise et en deux heures et demi, j'ai tout récupéré."
Céline Hussonnois-Alaya