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Projet de loi santé: Touraine s'attaque au "binge drinking"

Le "binge drinking", ou "biture express", consiste à boire une importante quantité d'alcool en peu de temps (image d'illustration).

Le "binge drinking", ou "biture express", consiste à boire une importante quantité d'alcool en peu de temps (image d'illustration). - David Long - Flickr - AFP

La ministre de la Santé s'en prend aux produits rendant "sympathique l'alcool". La vente de produits incitant au "binge drinking", ou l'ingurgitation rapide d'importantes quantité d'alcool, sera interdite dans le projet de loi santé présenté ce mercredi en conseil des ministres, a-t-elle fait savoir.

La vente de certains produits favorisant la consommation d'alcool et notamment le "binge drinking" (ou alcoolisation accélérée) chez les jeunes sera interdite dans le projet de loi santé présenté ce mercredi par la ministre de la Santé, Marisol Touraine, en conseil des ministres. 

"Il y aura des mesures spécifiques d'abord en direction des mineurs, parce que c'est la priorité. Il sera désormais interdit de vendre des produits qui rendent sympathique l'alcool", a-t-elle précisé sur Europe 1 (à partir de 6'40 dans la vidéo ci-dessous).

Sanctions

Parmi les produits visés, elle a mentionné "des protections pour les téléphones portables ou des tee-shirts avec des scènes un peu amusantes autour de l'ivresse". La vente de ces produits fera l'objet de "sanctions", tout comme "tout ce qui encouragera" le "binge drinking" dans les universités et dans les associations, a-t-elle ajouté.

Le texte présenté, mercredi, introduit une infraction spécifique pour l'incitation au "binge drinking" (encore appelé "biture express") qui sera puni de 15.000 euros d'amende et d'un an de prison. Plus généralement, provoquer directement un mineur à la consommation habituelle d'alcool sera passible de deux ans d'emprisonnement et de 45.000 euros d'amende.

Le projet de loi inclut aussi l'incitation à l'ivresse dans la législation réprimant le bizutage. Il prévoit que les sanctions prévues contre le bizutage soient étendues à toute personne qui incite autrui à "consommer de l'alcool jusqu'à l'ivresse". Cette infraction est passible de six mois d'emprisonnement et de 7.500 euros d'amende.

Prévention

"Il n'y a pas que des sanctions", a par ailleurs plaidé Marisol Touraine,"il y a aussi des campagnes de communication".

Prévention et meilleur accès aux soins sont au coeur du projet de loi. Autres mesures phare du texte: généralisation du tiers payant d'ici 2017, cadre pour l'expérimentation des salles de shoot, information nutritionnelle sur les produits alimentaires, lutte contre les ruptures de médicaments avec des plans de gestion des pénuries, création d'un service territorial de santé, relance du dossier médical personnel... Le paquet neutre et l'interdiction des cigarettes électroniques dans les lieux publics ne figurent en revanche pas dans le projet de loi: ces mesures "seront introduites via des amendements lors de l'examen du texte au Parlement".

Les grandes lignes d'un plan ambitieux avaient été dévoilées en juin. Mais c'est un texte édulcoré que les députés examineront début 2015. Certains passages du plan n'ont pas survécu aux contestations du milieu médical, selon des syndicats. Malgré les 10 milliards d'euros d'économies prévues entre 2015 et 2017 pour l'Assurance maladie, la ministre de la Santé a assuré mercredi que la réforme serait "structurante", "durable" et "mobilisatrice".

V.R. avec AFP