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Pour Sibeth Ndiaye, les policiers auteurs de violences "illégitimes" doivent être "sanctionnés"

Sibeth Ndiaye

Sibeth Ndiaye - LUDOVIC MARIN / AFP

La porte-parole du gouvernement a estimé sur LCI qu'il fallait garantir le "comportement exemplaire" des forces de police en jugeant ceux responsables de violences disproportionnées, notamment lors des manifestations des gilets jaunes.

Les policiers doivent être "sanctionnés" lorsqu'ils utilisent la violence "de manière illégitime", a souligné ce vendredi la porte-parole du gouvernement. La veille, jeudi 30 mai, le procureur de Paris avait annoncé dans Le Parisien que certains mis en cause pour des violences lors de manifestations de gilets jaunes seront jugés.

Une annonce qui revient à "jeter en pâture" les forces de l'ordre, s'est offusqué jeudi le syndicat de police Alliance.

"Nos forces de l'ordre samedi après samedi ont été absolument exemplaires" pendant la crise des "gilets jaunes", a souligné Sibeth Ndiaye sur LCI. "Et, pour garantir à tous les Français que le comportement de nos forces de police est en tous points exemplaire, il faut aussi que, lorsque la violence a été utilisée de manière illégitime ou de manière disproportionnée, les policiers soient bien sûrs sanctionnés", a-t-elle ajouté.

"Dans notre système institutionnel, dans notre démocratie, (policiers et gendarmes) sont ceux qui ont l'autorisation d'user de la violence de manière légitime", a-t-elle poursuivi.

"La question qu'il faut se poser quand il y a des manifestations, des troubles importants à l'ordre public, c'est de savoir si oui ou non la manière dont a été utilisée la violence était légitime, au bon moment et au bon endroit, et si cette violence était proportionnée aux faits qui étaient commis, et c'est à ça que s'attellent les enquêtes judiciaires", a souligné Mme Ndiaye.

174 enquêtes visant des policiers ouvertes

Sur les 174 enquêtes ouvertes visant des policiers ayant commis des violences sur des gilets jaunes (un chiffre évoqué par le procureur de la République Rémy Heitz), 57 auraient été clôturées et remises au parquet. Huit d'entre elles "ont justifié l’ouverture d’une information judiciaire", a précisé Rémy Heitz.

Aux syndicats qui fustigent une "justice politique", Sibeth Ndiaye a par ailleurs répondu que "la justice en France est indépendante" et que "le gouvernement a toujours été en soutien des forces de l'ordre depuis le début de la crise des gilets jaunes", notamment par "des coups de pouce financiers", alors que "policiers et gendarmes étaient extrêmement sollicités".

Traiter tous les citoyens "de manière égale"

En même temps, "ce gouvernement est extrêmement attaché à ce que tous nos concitoyens aient l'assurance qu'ils soient traités de manière égale", a ajouté la porte-parole du gouvernement.

Quant à ceux qui évoquent un "deux poids deux mesures" dans le traitement par la justice des dossiers, Sibeth Ndiaye a noté que si les procédures judiciaires sont "plus rapides" pour les manifestants auteurs d'"exactions", c'est qu'ils sont généralement arrêtés "en flagrant délit", quand "les violences utilisées de manière illégitime par les forces de l'ordre" requièrent "souvent des enquêtes plus longues", à partir de faits qui "ne sont pas du flagrant délit".

Juliette Mitoyen avec AFP